Amélie Nothomb : " Le fait du prince "

n.c.

Mardi 26 août 2008

Ce qui nous irrite


Si l’on considère l’œuvre d’Amélie Nothomb comme un grand tout auquel chaque volume apporte sa quote-part, on verra dans Le fait du prince un trou d’air, qui n’empêchera pas la romancière de retrouver bientôt, c’est-à-dire à la même heure l’année prochaine, sa vitesse de croisière. Nothomb est victime de son contrat avec elle-même : cela fera bientôt 20 ans qu’elle ne rate pas une rentrée littéraire, avec des bonheurs critiques variables, mais une fidèle appétence du public. Que se passerait-il si elle n’était plus au rendez-vous ? Des sabotages, forcément amoureux ? Des attentats cosmétiques ? Des absorptions d’acide, voire de mercure ? Elle préfère ne pas voir cette stupeur, ces tremblements. Alors, elle assure. Hygiène élémentaire.


Ce qui nous excite


Amélie Nothomb attire le regard par ses chapeaux étranges, ses yeux noirs et son maquillage rouge. Les livres d’Amélie Nothomb attirent les lecteurs avec moins d’artifices : c’est l’originalité foncière de ses romans, son humour à froid, sa fantaisie débridée, son côté décalé qui suscitent l’enjouement, le plaisir, le bonheur. Un ton côté légèrement biaisé, paradoxal, oserions-nous surréaliste, après tout, elle est belge, qui fait tilt, qui accroche et ne lâche plus. Son 17e roman, Le fait du prince, est un polar. Comme dans Profession reporter, d’Antonioni, avec Nicholson, le héros change d’identité avec le cadavre inconnu qui s’étend chez lui et, en même temps, change totalement de vie, ne boit plus que du champagne et côtoie des beautés blondes.

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