Le Mont Mosan respire à nouveau

DE BAST,ANNE-CATHERINE

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Jeudi 28 août 2008

Huy Attaqué par Gaia, le parc animalier est blanchi par le département du Bien-être animal du SPF Santé

Vingt-trois ans qu’elle s’implante sur les hauteurs de Huy, à la Sarte. Vingt-trois ans qu’elle est la favorite des enfants de la région. Dire que le parc de récréation du Mont Mosan n’a pas pris une ride serait exagéré. Car si certains manèges sont régulièrement renouvelés, d’autres attractions accusent leur âge. Mais qu’importe, les petits, eux, s’y amusent toujours autant.

En tant d’années, la petite plaine de jeux s’est développée, et transformée en un véritable parc animalier. Un peu vieillot, certes, mais tout aussi attrayant. Les écoles et les cures de vacances s’y rendent régulièrement, lors des beaux jours. Les promeneurs y grimpent via le téléphérique. Les familles y passent des journées entières.

Neptune, la vieille otarie mascotte du site, n’est plus. Mais elle a fait place à toute une ménagerie : otaries, phoques, perroquets, kangourous ou encore chèvres et cochons. Une activité attirante certes, mais aujourd’hui la cause de tous les soucis : la semaine dernière, l’association de défense animalière Gaia a diffusé un rapport incendiaire sur le parc. Lors d’une visite impromptue en mai dernier, elle dit avoir relevé 27 infractions, du mal-être des animaux au mauvais état des locaux.

« Michel Vandenbosch, le président de Gaia, est un homme de cœur mais il ne connaît rien aux animaux !, s’exclame Jean-Marc Vanberg, directeur du Mont Mosan. Il les aime peut-être, mais il ne sait pas s’en occuper. Ce n’est certainement pas lui qui va me donner des conseils. » Sur une liste de 15 parcs zoologiques belges, le Mont Mosan est classé… bon dernier. « Je veux bien reconnaître que tout n’est pas parfait. Mais tout de même… Rien à voir avec ce que Gaia prétend dénoncer ! »

D’autant que d’autres rapports semblent abonder dans son sens. L’officiel, d’abord : celui du département « Bien-être animal » du Service public fédéral de la Santé. Par hasard, un contrôle était programmé deux jours après la diffusion du rapport Gaia.

Les conclusions sont sans appel : « Les inspecteurs n’ont rien trouvé qui puisse justifier la fermeture du site, insiste Jean-Marc Vanberg. Ils ont seulement relevé deux anomalies. Un problème de surpopulation chez les phoques : je dois me séparer de deux bébés maintenant qu’ils sont sevrés. Et je dois aussi remettre le registre des animaux à jour. On est loin des prétendues maltraitances évoquées par Gaia ! »

Autre atout dans la manche du Hutois : la Ville, qui le soutient depuis toujours. La police de Huy a d’ailleurs envoyé l’un des hommes de sa cellule « Bien-être animal » constater les éventuelles infractions. Ses conclusions, qui n’ont aucun poids officiel, ne relèvent rien d’accablant. « Quand on a vu la liste négative de Gaia, on a envoyé un agent spécialisé sur le terrain, pour nous faire notre propre idée, précise Anne-Marie Lizin, bourgmestre de Huy. Le rapport est clair : il n’y a aucun signe de maltraitance des animaux, et tout est dans un état impeccable. » Une surprise ? Pas vraiment. Car aucune plainte au sujet du parc n’a jamais été déposée. « Des dizaines de milliers de personnes le visitent pourtant chaque année, insiste le commissaire Didier Lambert, chef de zone. Gaia aurait dû recouper ses informations avant de les lancer en pâture et de nuire à l’image du Mont Mosan. »

Si le rapport de l’association de défense des animaux a porté préjudice ? Certainement. Mais vu la météo peu clémente, il est difficilement chiffrable. Jean-Marc Vanberg l’a déjà annoncé : il songe à porter plainte pour diffamation. Mais il ne prendra sa décision qu’une fois le mois d’août achevé. L’Office du tourisme pourrait bien le suivre, s’il passe à l’action. Car même si le site est privé, c’est une attraction phare du tourisme hutois qu’on a attaqué.

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