Incident nucléaire : prudence à Fleurus
n.c.
Vendredi 29 août 2008
La population de Fleurus ne peut plus consommer les fruits et légumes du jardin, suite au rejet d’iode survenu à l’Institut des radioéléments. Les pays européens ont été alertés. Le mayeur de Charleroi, de son côté, peste de ne pas avoir été averti.
La commune de Fleurus a ouvert vendredi matin une ligne d’information pour les habitants après l’incident de rejet d’iode survenu le week-end dernier à l’Institut des radioéléments (IRE) (voir ci-contre). Une ligne téléphonique est également disponible.
Le gouverneur de la province du Hainaut a par ailleurs décidé de réunir le comité de coordination stratégique provincial, qui est en contact avec les autorités locales et le centre de crise fédéral.
La consommation des fruits et de légumes à feuilles, tels que les salades et les épinards, provenant de potagers des entités de Fleurus, Lambusart, Wanfercée-Baulet, Sambreville, Keumiée, Tamines et Velaine reste déconseillée, de même que celle de l’eau de pluie.
La vente de lait de la région de Fleurus est, elle, autorisée. Les tests effectués après l’incident survenu au sein de l’IRE indiquent que le lait produit dans cette région ne présente pas de problème, a déclaré le secrétaire général de la Confédération belge de l’industrie laitière, Renaat Debergh. « Les résultats des tests sur le lait étant favorables, aucune mesure n’a été prise », a-t-il encore précisé, ajoutant que les résultats des tests d’iode radioactif étaient « bien en-dessous de la norme ».
Le bourgmestre de Fleurus, Jean-Luc Borremans, avait déjà décidé d’informer vendredi matin la population, notamment par hauts-parleurs, des recommandations de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). M.Borremans ajoute que des habitants l’ont appelé, en se disant inquiets de la tournure prise par les événements à l’IRE. « Il s’agit le plus souvent de personnes âgées, mais on ne peut pas parler de psychose », a-t-il dit.
Les communes de Ransart, Jumet et Gosselies, à Charleroi ne sont pas concernées par l’appel à la prudence
Les pays européens ont été alertés de l’incident nucléaire survenu à Fleurus à travers le système ECURIE, a indiqué la Commission européenne.
Acronyme d’European Community Urgent Radiological Information Exchange, ECURIE a été mis en place à la fin des années 1980 pour permettre d’échanger des informations sur les incidents nucléaires en Europe.
Le système est géré par la Commission européenne, qui est chargée de transmettre les alertes à tous les Etats membres. La Croatie et la Suisse, qui sont membres du réseau, ont également été prévenues.
Le bourgmestre de Charleroi, Jean-Jacques Viseur, a exprimé vendredi sa surprise et son mécontentement pour n’avoir à aucun moment été officiellement averti des précautions à prendre dans les communes limitrophes de Fleurus.
« C’est par hasard que j’ai appris que certaines communes de l’entité de Charleroi étaient également concernées par les conseils donnés aux habitants, en matière de non-consommation de produits du jardin », a expliqué le bourgmestre. Les communes en question sont celles de Ransart, Jumet et Gosselies et « personne n’a pris l’initiative de m’en avertir », a-t-il ajouté. Jean-Jacques Viseur se dit choqué par ce manque d’initiative, que ce manquement soit imputable à l’Institut des radioéléments ou à l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).
« Qu’en serait-il de cette obligation de prévenir le bourgmestre d’une ville, au cas où on serait en présence d’une véritable catastrophe ? », s’est-il interrogé.
La cause de l’incident, qui s’est vraisemblablement produit vendredi dernier mais qui n’a été détecté que le lundi matin suivant, n’est toujours pas connue. L’IRE tente de déceler des défaillances techniques ou humaines.
La fuite des iodes radioactifs résulte d’une réaction chimique qui a engendré simultanément des iodes sous forme gazeuse et de la vapeur d’eau qui a empêché les filtres à charbon d’agir. La production est à l’arrêt depuis lundi matin.
(d’après Belga)
