Yves Bigot plombe sa sortie et la rentrée de la RTBF

LAUWENS,JEAN-FRANCOIS

Samedi 30 août 2008

Comment réussir à rater sa sortie ? Yves Bigot, qui cède le relais à François Tron (le nouveau directeur des antennes, absent de la conférence de presse de vendredi, sera à pied d’oeuvre dès lundi), a signé un numéro d’anthologie en matière de suicide médiatique, vendredi, lors de la présentation de sa dernière grille de rentrée.

Surréaliste, pathétique, grotesque, malsain : on ne sait trop quel adjectif utiliser. Manifestement très ému et fatigué, les larmes aux yeux, la voix tremblante, Yves Bigot a-t-il voulu étouffer son émotion dans un numéro de clown ? Peut-être. En attendant, cela a fait flop, un gros, un immense flop.

Tout au long d’un numéro qui n’était pas prévu, Bigot a alterné le bon et le scandaleux.

Qu’il soit ému, on le comprend. Qu’il soit satisfait de son bilan, du retour d’une politique d’achats ambitieuse, c’est normal. Qu’il appelle sur scène les différents responsables de la direction de la télé, quoi de plus naturel. Qu’il remercie Philippot et les équipes de la RTBF, c’est bien le moins. Qu’il affirme que la RTBF est entre de bonnes mains avec son successeur, c’est parfait. Qu’il jette les compliments à la tête de certaines personnalités de la télé, c’est son droit. Bigot a même eu quelques bons mots. Dont un superbe : « Avant d’arriver à la RTBF, j’y connaissais trois personnes : Benoît Balon-Perin, Rudy Léonet et Philippe Luthers. C’est à lui que je pense au moment de vous quitter puisqu’il l’a fait avant moi, le salaud ! »

Mais il en a surtout eu d’autres, déplacés, indécents, vulgaires. On a donc eu droit – enfin, les équipes de la RTBF présentes ont eu droit – aux blagues salaces, aux réglements de compte (avec l’ex-ministre Miller, un journaliste, un administrateur, un producteur de cinéma), aux propos que l’on ne répercutera pas car ils nous vaudraient un procès en diffamation, aux allusions cryptiques. Pour couronner le tout, il a ressorti ses couplets obsessionnels sur Armelle ou sur Fabienne Vande Meerssche, qu’il a fait venir sur scène en bouquet final comme s’il s’agissait de Madonna et du Christ ressuscité réunis. Ce qui a définitivement plombé l’ambiance.

« Nous sommes scandalisés, cela réduit tout notre travail à néant et éclipse une offre de rentrée superbe », glissent les uns. « Quel manque de respect pour les équipes », lancent d’autres. Les administrateurs présents dans la salle l’ont quittée. Le malaise était palpable chez tous ceux qui étaient présents. Pire encore : au terme de ce monologue, pas un applaudissement n’est venu saluer un homme qui est parvenu à casser son propre travail et à cochonner sa sortie. C’est dommage.

Pas de résultats.