« Parachever ou aller voir ailleurs »

LAMBERT,EDDY; BODEUX,PHILIPPE

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Samedi 6 septembre 2008

Liège Rentrée très chargée pour le bourgmestre, bientôt à la croisée des chemins

Willy Demeyer fêtera dix ans de mayorat en 2009. Sans lassitude. Mais, scrutin oblige, il ira là où il est « le plus utile ».

Entretien

Rentrée chaude pour le bourgmestre, avec la City Parade, le Beau vélo de Ravel, le match des Diables… Mais également des dossiers comme la prostitution.

Quel votre état d’esprit en cette rentrée ?

En 2009, je fêterai 20 ans de présence au conseil communal et 10 ans de mayorat. C’est une tranche de vie importante. Je mesure aujourd’hui le chemin parcouru depuis que, comme chef de groupe à l’époque, j’ai voté le plan d’assainissement de la Ville. Aujourd’hui, la reprise de la dette amorce une ère nouvelle. Nous ne sommes pas plus riches mais nous pouvons enfin prendre des positions dans différents domaines. Par exemple, rétablir une équité pour le personnel communal. Il faut à présent leur octroyer un juste statut, de justes rémunérations. Cela se fera sur quatre ans et en échange d’une meilleure organisation, de la modernisation de l’administration et d’une remise en question de l’ensemble des fonctions.

Par ailleurs, les indicateurs de la Ville sont positifs : population en hausse (nous espérons atteindre le cap des 200.000 habitants d’ici 2012), criminalité en baisse de 15 %, nombreux investissements (8.000 logements construits dans les cinq ans)…

Malgré tout, l’opposition parle d’« inertie » du collège…

L’opposition pratique la culture du SMS : elle voudrait que tout soit réglé tout de suite. Je constate qu’elle ne peut plus dire “Liège perd des habitants, Liège n’a pas de grues, Liège a des scandales à répétition, Liège a une criminalité galopante…”

Je fais donc confiance aux électeurs qui mesurent le chemin parcouru. Peut-être mon bilan n’est-il pas assez connu, mais je ne suis pas payé pour faire ma pub pendant six ans. Je le suis pour faire avancer les dossiers. La soi-disant inertie du collège, c’est un discours politique. Les citoyens et le milieu économique disent le contraire.

Quel bilan dressez-vous de votre collège ? L’équipe « de haut niveau », comme vous l’avez qualifiée, est-elle à la hauteur ?

Seul importe le résultat d’ensemble. Un mandataire peut connaître un moment de faiblesse, pour autant que cela ne perdure pas. Et puis, des ajustements sont toujours possibles en cours de législature. Je suis satisfait du travail du collège. Selon moi, il est capable de faire encore mieux. Et il fera encore mieux.

Le CDH s’est récemment démarqué de son partenaire socialiste. Un manque de loyauté ?

Vous savez, j’étais le chef de groupe PS qui a proposé l’exclusion de Jean-Maurice Dehousse du parti. Or, voyez, maintenant, comment on peut travailler main dans la main. Des tensions internes, il y en a partout. Elles peuvent faire avancer les choses. Est-ce invalidant pour le collège ? Non, je ne le pense pas. Le collège est dynamique. Le fait que notre partenaire ait ses débats internes ne pose aucun problème.

La prostitution chassée du centre, la réduction de la Saint-Nicolas des étudiants. Un vrai « Père la Rigueur » !

Suis-je un « Père la Rigueur » ? Pas la rigueur morale en tout cas, mais la rigueur dans l’organisation. Concernant la prostitution, la population en avait marre. Ce que j’ai vu là, cet été, était indigne de l’idée que je me fais de la ville de Liège et de la condition humaine. Concernant les fêtes estudiantines, j’ai eu toutes les peines à discuter avec les associations d’étudiants. Le problème est politique : ces associations sont noyautées par le MR.

Piétonnier réclamé au Pont d’Avroy, tram : la mobilité est un sujet qui passionne ?

Oui, et on va avancer. Lundi, le groupe socialiste proposera au conseil communal de mettre la rue Pont d’Avroy en piétonnier. Et très prochainement, je veux relancer la réflexion pour étendre le piétonnier dans le centre. Tout cela fait partie d’un plan global qui inclut le tram, les parkings, le vélo, les gares, le TGV, et qui sera déposé dans les prochaines semaines. Mon rêve est de chasser la voiture ventouse du centre. Non à la voiture envahissante. Pour la première ligne de tram Herstal-Seraing, je vais créer un groupe de travail avec les bourgmestres concernés dont j’assumerai la présidence. Nous allons devoir envisager le tracé fin du tram et gérer le phénomène Nimby. Un dossier passionnant !

Bientôt les élections régionales de 2009. Serez-vous candidat en ordre utile voire tête de liste ?

Il faudra voir si on vote uniquement pour la Région, ou également pour le fédéral. Je pourrais avoir deux attitudes. Aller voir ailleurs, avec le sentiment du devoir accompli. Ou parachever le travail à la Ville, après avoir fait les trois quarts du chemin. Je ne suis pas lassé de la Ville, ni sans imagination. Il faut déterminer l’endroit où je serai le plus utile à la collectivité. Mais aussi le plus utile au PS. Je ne suis pas seul à décider. La négociation des listes approche.

Une frange croissante de la population se range derrière la bannière Liège 2015. Allez-vous tenir compte de ce besoin d’émancipation culturelle ?

Je respecte ce mouvement et j’en suis fier même s’il contient une part de romantisme. Et émane de “jeunes” qui n’ont pas connu les problèmes de dette. Je ne veux pas mener la Ville dans un combat perdu d’avance (NDLR : candidature pour être capitale culturelle européenne en 2015). Si Liège a vu sa dette reprise (elle était de cinq milliards d’euros il y a 20 ans), c’est grâce à la solidarité de tous les Wallons. On ne peut pas tout avoir. Mais je suis conscient qu’il faut valoriser l’énergie culturelle liégeoise. Un festival off, un symposium des cultures avec l’Unesco, une exposition universelle : nous allons faire des propositions. Cela dit, je suis un légaliste, je ne ferai donc rien pour empêcher la consultation populaire réclamée par Liège 2015.

Pas de résultats.