Une nouvelle fournée d’étudiants reçus-collés ?
BERKENBAUM,PHILIPPE
Mardi 9 septembre 2008
Enseignement supérieur Plusieurs nouvelles actions en justice seront lancées à l’issue des secondes sessions
Plusieurs centaines d’étudiants de première année de médecine, qui viennent de présenter leurs examens de seconde session, attendent que tombe le couperet : seront-ils ou non admis en deuxième bac ?
Impossible encore d’évaluer le nombre de victimes finales de ce processus de sélection impitoyable, censé adapter la proportion de candidats médecins à la quantité de numéros Inami délivrés en fin de parcours. Rappelons le principe : chaque faculté de médecine reçoit un quota d’attestations de réussite. Pour en bénéficier, les étudiants doivent obtenir une moyenne de 12 sur 20, n’avoir aucune cote inférieure à 10… et être les mieux classés de leur promotion. S’il n’y a pas assez d’attestations, les derniers ne sont pas admis en deuxième. Ce sont les reçus (ils ont réussi) - collés (ils sont recalés).
A l’ULg, ils étaient 40 à l’issue de la première session. Mais en juillet, le gouvernement a décrété que cent étudiants supplémentaires pourraient quand même passer en deuxième. A charge pour chaque unif d’augmenter son quota en proportion. Avec la possibilité de puiser 15 % de celui de l’année prochaine en cas de besoin. Ce que l’ULg a fait, sommée par le Conseil d’Etat.
Et ce que feront aussi, si nécessaire, les trois universités où il reste des attestations à attribuer. Les recteurs de l’ULB et de l’UCL nous l’ont confirmé (Le Soir du 6 septembre). Cela suffira-t-il ? Manifestement pas. Plusieurs dizaines d’étudiants pourraient encore rester sur le carreau (lire ci-contre). En sus des deux qui le sont à Liège et des six à Mons. Une pluie de recours s’annonce déjà. Beaucoup comptent saisir la justice s’ils sont recalés.
Du reste, selon nos informations, deux actions sont déjà en préparation. L’une, initiée à Liège, visera à obtenir au civil l’annulation du décret instaurant la sélection en Communauté française. Au motif que les conditions de réussite en médecine sont différentes de celles des autres filières, alors que le décret Bologne instaure l’uniformisation.
La seconde est lancée à Bruxelles par des reçus-collés de ces deux dernières années, soutenus par la Fédération des étudiants libéraux. Elle vise à faire annuler, par le Conseil d’Etat, le décret de juillet qui augmentait les quotas. Car il a favorisé les étudiants de cette année par rapport à leurs prédécesseurs. Manifestement, le feuilleton n’est pas près de se terminer.
