Un meurtre rue des Bouchers à Bruxelles

DELEPIERRE,FREDERIC; DEFFET,ERIC

Mercredi 10 septembre 2008

Bruxelles Une figure du quartier

Exclusif Un corps a été retrouvé criblé de balles, mercredi après-midi dans son appartement de la rue des Bouchers. L’homme était une figure de l’Ilot Sacré, le quartier gastronomico-touristique proche de la Grand-Place de Bruxelles.

Adrien-Denis Debouvrie, qui était âgé de 74 ans, avait eu son heure de gloire au milieu des années quatre-vingt. On lui devait en effet la statue de Jeanneke Pis, pendant féminin du célébrissime Manneken Pis. Inaugurée en 1987, l’« oeuvre » a rapidement attiré les curieux plutôt que les amateurs d’art ou de bon goût. Une publicité à bon compte pour le vieux quartier et ses innombrables restaurants.

Lorsque la police a pénétré, mercredi, dans l’appartement d’Adrien-Denis Debouvrie, un homme s’y trouvait déjà, et pas n’importe lequel : Alaya Chekili, dont la victime était le bras droit dans le quartier, mais aussi le meilleur ami, dit-on.

Alaya Chekili, une autre figure bien connue du centre de la capitale : l’homme y est propriétaire de plusieurs restaurants, toujours dans l’Ilot Sacré, et son nom a été cité à plusieurs reprises dans des affaires louches.

En novembre 2002, Alaya Chekili était placé sous mandat d’arrêt par le juge d’instruction Michel Claise spécialisé dans la délinquance financière. Rien que pour l’année 2000, on le soupçonnait alors d’avoir fraudé 3,5 millions d’euros en blanchissant des sommes importantes via les caisses des restaurants qu’il contrôlait.

L’affaire n’allait pas en rester là. Une originalité de l’enquête : pour la première fois en Belgique, une banque – Dexia, en l’occurence – était inculpée dans une affaire de blanchiment d’argent. Le juge Claise menait son instruction jusqu’à Monaco pour tenter de comprendre les mécanismes financiers mis au point dans le cadre de cette fraude. En décembre 2003, l’enquête aboutissait à l’arrestation et à l’inculpation d’un trafiquant de drogue soupçonné d’utiliser les restaurants du centre-ville pour blanchir l’argent de ses méfaits.

Aujourd’hui, l’instruction est bouclée. Un procès doit encore avoir lieu. Près de son ami décédé, Alaya Chekili semblait très affecté quand les policiers l’ont découvert, ce mercredi. Un meurtre, des circonstances et des acteurs qui ont incité les enquêteurs à entamer leurs investigations en privilégiant la thèse du règlement de comptes.

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