L’après-11 septembre : une regrettable réponse américaine
LOOS,BAUDOUIN
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Jeudi 11 septembre 2008
Tout le monde s’en souvient : les Etats-Unis, ralliant « le monde libre » dans leur « croisade », avaient rapidement envahi l’Afghanistan des lugubres talibans, coupables de donner le gîte et le couvert à Al-Qaïda, la mouvance terroriste désignée responsable des attentats. Mais, non contente de cela, l’administration américaine s’était ensuite évertuée, quitte à tordre les faits et donc la vérité, à impliquer l’Irak du sanguinaire Saddam Hussein dans d’improbables liens avec Al-Qaïda, et dans une imaginaire possession d’armes de destruction massive qui menaçaient la sécurité du monde. La terrible aventure irakienne allait suivre.
Qui plus est, dans sa « global war against terrorism », l’administration Bush a en même temps perdu le solde de son humanité dans le sordide traitement qu’elle a réservé aux suspects tombés entre ses mains, que cela soit à Guantanamo (Cuba), Abou Ghraib (Irak), Bagram (Afghanistan) ou ailleurs chez ses nombreux alliés ou obligés.
En bref et en clair, la réponse américaine au séisme du 11-Septembre a surtout consisté à embastiller, torturer, tuer.
Si, dans le monde arabo-musulman, d’aucuns cultivaient avant les attentats – à tort ou à raison – quelque motif de haine envers les Etats-Unis, la réaction caricaturale de ceux-ci n’a pu, dès lors, qu’exacerber plus encore ces vifs sentiments d’hostilité.
Commentant la survie d’Al-Qaïda, un ancien chef à la CIA (centrale américaine de renseignement), Michael Scheuer, écrivait récemment ceci : « Oui, nous avons gagné du temps en Irak en payant la moitié des insurgés pour qu’ils combattent à nos côtés et tuent leurs cousins d’Al-Qaïda. Mais cela ne veut pas dire qu’Al-Qaïda est vaincue. Parce que c’est une idéologie, pas une armée (…). Tant que nous continuerons à dominer le monde musulman avec nos hélicoptères Apache, nos tanks, nos Humvees et nos “amis” les dictateurs, Al-Qaïda subsistera ». Un constat hélas ! d’une terrifiante justesse.
