2015 : compte à rebours enclenché
SAINTGHISLAIN,VALERY
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Vendredi 12 septembre 2008
Mons L’appel pour les villes candidates au titre de capitale européenne est paru
Une chance historique pour Mons et sa région, plaide Di Rupo (PS) qui vante les retombées socioéconomiques.
ENTRETIEN
Cet instant-là, somme toute formel mais ô combien symbolique, est enfin arrivé. Avec quelques mois de retard sur le calendrier initial, l’avis est paru ce mercredi 10 septembre au Moniteur belge. Le texte, publié dans les trois langues nationales, émane du gouvernement de la Communauté française. Il lance officiellement l’appel à candidatures relatif à la manifestation « Capitale européenne de la Culture 2015 » auprès des villes belges. L’Europe laissait aux Etats membres jusqu’au 31 décembre 2008 pour lancer cet appel à candidatures interne. Mais Mons se rongeait les ongles depuis belle lurette.
La procédure sera longue. Et incertaine. Le dossier montois (et les autres, s’il y en a) devra être rentré pour le 1er mars 2009 au plus tard auprès de la représentation permanente de la Belgique auprès de l’Union européenne. Un jury de sélection composé de 13 membres (7 experts européens et 6 Belges : 3 néerlandophones et 3 francophones) se réunira pour la première fois le 1er juin 2009 afin de faire le tri parmi les dossiers belges. Mais le verdict final, prononcé par l’Europe, n’est pas attendu avant fin 2010.
Pour le bourgmestre Di Rupo (PS), qui porte personnellement aux côtés d’Yves Vasseur et de son équipe la candidature montoise, l’instant est tout bonnement historique. « Je suis soulagé : c’est bien que l’on sorte enfin du poto-poto politique belge. Un accord a finalement pu être trouvé dans des délais raisonnables et l’on va enfin rentrer dans le vif du sujet ! Car c’est effectivement une chance historique pour Mons et la région. Jamais une telle opportunité ne s’est présentée pour Mons-Borinage depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ! »
Pourquoi un titre de capitale européenne de la culture en 2015 serait-il si important pour la région et ses habitants ?
Il suffit de se tourner vers Lille (capitale en 2004, NDLR). Là-bas aussi, il y eut clairement un « avant » et un « après » le titre de capitale européenne de la culture. Cette reconnaissance a changé la ville, l’a transfigurée. On en parle désormais dans les guides touristiques. Tous les tour-opérateurs la citent. Certes, Mons n’est pas Lille. Mais dans notre cas, on peut raisonnablement tabler sur une fréquentation de 500.000 touristes en 2015 en cas de désignation.
Vous insistez beaucoup sur les retombées socioéconomiques pour convaincre la population d’adhérer au mouvement.
Oui, parce qu’au-delà du caractère strictement culturel du projet, cette reconnaissance européenne constituerait aussi un formidable levier de développement économique et social. On a beaucoup parlé de culture jusqu’ici et pas assez des enjeux socioéconomiques.
La concurrence (Malines, notamment) vous effraie-t-elle ?
L’appel à candidatures est ouvert à toutes les villes, c’est clair. Pour l’instant, on ne sait pas s’il y aura un ou plusieurs candidats. Nous devrons simplement être les meilleurs.
Quel est votre état d’esprit à l’heure où le chrono est lancé ? Confiant ?
Je suis confiant parce que nous disposons d’une équipe compétente et qui travaille sur le dossier de candidature depuis cinq ou six ans déjà. Nous savons tous clairement dans quelle direction nous voulons aller et quelle sera la philosophie de fond de notre projet. Tout est prêt. Le grand défi, d’ici mars et le dépôt du dossier, sera de mener une vraie campagne pédagogique pour démontrer tout l’intérêt d’une telle candidature pour Mons, mais aussi pour sa région, la province de Hainaut et ses habitants. Nous allons partir à la rencontre des acteurs culturels de terrain, des créateurs, mais aussi des citoyens et des communes avoisinantes pour dialoguer. Il faut une manifestation plus nette de l’adhésion de la région à ce projet, un souffle.