Reynders plonge, Di Rupo aussi
DELFOSSE,LUC
Lundi 15 septembre 2008
Cette déroute sondagière ramène le parti à son score des régionales de 2004. Cette année-là, Reynders accédait à la présidence en promettant de « déplacer le centre de gravité politique ».
Mission partiellement accomplie : depuis les législatives, le Liégeois savourait sa place de patron francophone au Parlement fédéral. Ainsi boosté, visible et suffisant comme le commandeur, il ne lui restait plus qu’à faire sa joyeuse entrée à Namur après avoir défait l’antédiluvienne baronnie socialiste.
Un an, des torrents d’arrogance, de signaux contradictoires, de bras de fer psychomoteurs avec Di Rupo et de jeux de pouvoir égoïstes plus tard, le président semble avoir tout perdu.
Et, en face, que voit-il ? Ecolo, son flirt du moment, qui rafle la mise. Le CDH, sa tête de Turc, qui poursuit son printemps. Et, quelle horreur !, le PS, son meilleur ennemi, toujours en tête.
Mais quelle tête ! Sans nouvelles affaires notoires, le PS dégringolerait encore sous son seuil historique de l’an dernier. Une nouvelle humiliation pour Di Rupo, cet autre président aux pieds d’argile.
Et pendant ce temps-là, dans un paysage éclaté comme la plaine de l’Yser en 1917, le CD&V affiche, avec ou sans la N-VA, une santé insolente… Bref, c’est navrant, mais n’attendez rien des neuf prochains mois. Si ce n’est des cris et des portes qui claquent. Couvrant grossièrement les grognements indignés de la rue, si lasse de ces tartarinades.
