La modernité aujourd’hui
WYNANTS,JEAN-MARIE
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Jeudi 18 septembre 2008
Arts plastiques La première Brussels Biennial traversera Bruxelles du nord au sud
Réalisée en étroite collaboration artistique avec huit institutions d’art contemporain et dix curateurs, elle occupera quatre espaces d’envergure qui furent par le passé des symboles de la modernité : l’ancien tri postal de Bruxelles-Midi, la station de prémétro Anneessens, la gare Centrale et la Banque nationale. Situés sur l’axe nord sud traversant Bruxelles, ceux-ci disposent de très larges espaces et deux d’entre eux (le tri postal et l’ancien centre culturel de la station Anneessens) sont actuellement inutilisés. Au total, un peu plus de 80 artistes se répartiront sur 8.000 mètres carrés d’espace d’exposition. Une surface impressionnante qu’il s’agira d’occuper avec des propositions fortes, susceptibles de placer Bruxelles sur la carte des manifestations incontournables dans le domaine des arts plastiques. Un pari à la fois risqué et excitant.
Se démarquant de la plupart des autres biennales, Barbara Vanderlinden a fait appel à plusieurs institutions artistiques invitées à présenter leur proposition. Le Muhka d’Anvers, le BPS 22 de Charleroi, l’Appartement 22 de Rabat, l’agence Drik de Dhaka et plusieurs institutions hollandaises font partie de ce petit groupe d’institutions dont sont issus les dix curateurs qui ont mis sur pied le programme.
Parallèlement à ce programme officiel, plusieurs lieux s’associent à l’événement, pour un programme « Off » : Bozar, Argos, la Centrale électrique, le CCNOA, Yum 21C, le Wiels et, bien sûr, de nombreuses galeries bruxelloises.
Brussels Biennial ou Flemish Biennial ?
Malgré un nom anglais affirmant sa volonté de s’inscrire dans le paysage international, c’est le caractère flamand de la manifestation qui a été essentiellement mis en avant par le ministre Bert Anciaux. S’il prenait soin, en fin d’intervention, d’affirmer qu’il s’agit notamment de montrer que la Communauté flamande est aussi un assemblage de diverses cultures, il insistait surtout sur le rôle essentiel de cette Biennale dans les relations entre la Communauté flamande et sa capitale.
Plus étonnant, les responsables artistiques ne s’exprimèrent ensuite qu’en néerlandais. Ni français ni anglais (à la grande surprise des journalistes étrangers), hormis une réponse en fin de présentation à une journaliste anglophone s’étonnant de cet unilinguisme dans la capitale de l’Europe.
Seul Pascal Smet, ministre bruxellois de la Mobilité, s’exprima partiellement en français. Il s’employa également à souligner avec force que le titre de la manifestation était bien Brussels (et non Flemish) Biennial et que, dans cette optique, il souhaitait que ce soit la biennale de tous les Bruxellois, et pas seulement de la Communauté flamande.
« Bruxelles, ce sont les gens qui y vivent, affirmait-il. Ce n’est pas une Communauté ou une autre. Nous sommes tous Bruxellois et si on veut donner un avenir à cette ville, il faut renforcer cette identité bruxelloise. Dans cet esprit, après l’aide importante apportée par la Communauté flamande pour cette première édition, je pense que la Biennale doit vraiment devenir un événement bruxellois, concernant tous les habitants de cette ville. »
On aimerait que tous en soient convaincus.
