Coupe Davis : La Suisse mène 2-0 face à la Belgique

LEONARDI,PAOLO

Vendredi 19 septembre 2008

Coupe Davis Steve Darcis rate la montre en or

Trahi par son physique, le nº1 belge a été battu en 5 sets par Wawrinka. Vliegen s’est bien défendu contre Federer.

lausanne

de notre envoyé spécial

Au soir du premier jour, la Suisse mène par deux victoires à zéro face à une Belgique déjà obligée de remporter le double de ce samedi pour croire encore au miracle.

C’était bien sûr prévisible. Ce qui l’était moins est l’excellent comportement affiché lors du premier match par Steve Darcis. Opposé à Stanislas Wawrinka, neuvième mondial, Le Liégeois a été battu au terme de plus de quatre heures de match : 6-7 (3), 6-1, 6-3, 2-6, 6-4.

Un vrai match de Coupe Davis durant lequel il sera passé à côté de la montre en or. Normal, nous direz-vous, puisqu’on est en Suisse mais l’impression que le Sprimontois doit garder de cette rencontre est qu’avec une condition physique digne de ce nom, il n’a pas grand chose à envier aux plus grands du circuit. Darcis possède tous les coups du tennis. Timoré parce qu’il jouait dans sa ville natale, Wawrinka a été forcé de le constater après coup. « Il joue très bien, je savais qu’il me fallait rester avec lui le plus longtemps possible pour qu’il craque sur la fin. Car physiquement, je savais que j’étais meilleur. C’est ce qui s’est passé au cinquième set. »

Mais le match, ce n’est pas après les trois heures d’échanges des quatre premiers sets que Darcis l’a perdu. C’est en début de deuxième manche, juste après avoir remporté la première au tie-break. A cet instant de la rencontre, Darcis dominait de la tête et des épaules un Wawrinka habité par la crainte et la peur, celle de décevoir la foule qui mettait une ambiance du tonnerre dans la salle, et sans doute aussi Roger Federer qui suivait la rencontre dans les vestiaires. Le bras du nº2 suisse n’affichait guère l’assurance d’un membre du top 10 car il ressentait une pression terrible.

Si seulement Darcis avait pu alors enfoncer le clou, la Belgique aurait créé la surprise en menant 1-0. « Début du deuxième set, j’ai eu un petit coup de mou, concéda le Liégeois. Le premier set avait comporté pas mal d’échanges et de tension et j’ai eu du mal à me remettre en selle après le tie-break. Mon corps s’est relâché à cause du manque d’habitude de ce genre de matchs. »

C’est le premier en cinq sets disputé par Darcis. A sa décharge quant à son manque de condition, on notera que sa blessure au dos l’a obligé à se reposer dix jours après l’US Open. L’essence qui lui a fait défaut au début du cinquième set peut provenir, mais en partie seulement, de là. « J’ai ressenti les premiers gros signes de fatigue en fin de quatrième, lâcha-t-il à ce sujet. La crampe arrivait à chaque fois que je retombais au service. Si seulement mon physique avait pu tenir une demi-heure de plus, je n’aurais pas été mené très vite 0-3 dans le dernier set. Je n’aurais peut-être pas gagné mais j’aurais eu mes chances. »

On ne le répétera jamais assez : Darcis aurait pu quitter Lausanne, lundi, avec dans ses bagages la grosse victoire qu’il attend depuis le tournoi qu’il remporta à Amersfoort en juillet 2007. Il devra par contre se contenter d’une expérience unique qui devrait lui permettre de se débarrasser de sa 58e place mondiale actuelle qui ne sied guère à son potentiel. « Ma déception est énorme, dit-il encore. Il n’est jamais facile de perdre en Coupe Davis, et encore moins après cinq sets. Encore maintenant, j’ai le sentiment que je pouvais gagner. Je suis passé à côté de quelque chose de grand mais il faut relativiser. Il y a dix jours, je ne pouvais pas m’habiller (ndlr : à cause d’une inflammation d’un disque) ! »

La Suisse placée sur orbite, il ne restait plus au roi Federer qu’à donner au score une allure encore plus confortable. Car personne, y compris Darcis, ne se faisait beaucoup d’illusions quant aux chances de Kristof Vliegen face au nº2 mondial, accueilli comme le Messie sur les bords du lac Léman. « Contre Wawrinka, c’était le point à prendre, expliqua le nº1 belge. Ça va être très dur mais en tennis, on ne sait jamais. Il faudra battre Federer une fois si on veut gagner. »

S’il est excellent raquette en mains, Steve Darcis est un piètre calculateur. Car pour battre la Suisse, les Belges vont devoir battre Federer non pas une mais deux fois. Sans oublier le cinquième match qui serait décisif.

Dimanche, on annonce grand beau sur Lausanne. C’est sûr, il va y avoir beaucoup de voiliers à l’horizon.

Pas de résultats.