Les Belges n’ont pas démérité

LEONARDI,PAOLO

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Lundi 22 septembre 2008

Coupe Davis La Suisse a battu la Belgique à Lausanne : 4-1

La Belgique redescend en division 2. Le week-end aura apporté malgré tout des enseignements positifs.

lausanne

de notre envoyé spécial

L’équipe belge de Coupe Davis s’est inclinée face à la Suisse et évoluera l’an prochain, deux ans après avoir réintégré le groupe mondial, en deuxième division (le groupe 1 de la zone Europe-Afrique). Voilà qui était attendu face à une formation qui alignait les nº 2 et 9 mondiaux. Ce qui l’était moins est le bon niveau d’ensemble affiché par les Belges. Si les Suisses se sont imposés, ils l’ont fait en souffrant et ont même, par moments, tremblé.

A ce sujet, on regrettera encore longtemps la défaite en cinq sets de Steve Darcis dans le match initial face à Stanislas Wawrinka. Car à 1-0 pour la Belgique, les choses auraient pu être différentes, d’autant que le double belge a prouvé qu’il avait du coffre. Mais à 24 ans, le Liégeois n’a vraiment pas grand-chose à se reprocher. Seuls lui manquent une condition physique pour tenir cinq manches ainsi qu’une meilleure expérience et une plus grande confiance en lui.

A ce sujet, Darcis n’a pas trop de soucis à se faire et doit être patient. L’expérience et la confiance viendront à mesure qu’il disputera les matchs de très haut niveau, comme celui face au nº2 suisse, qui était, ne l’oublions pas, son deuxième match à enjeu de Coupe Davis seulement.

Le cas des autres joueurs est différent. Tant Olivier Rochus que Kristof Vliegen et Xavier Malisse sont des joueurs incertains quant à leur avenir. Mais ils peuvent tous garder un espoir réel d’apporter encore de grands services à l’équipe nationale à condition de consentir les sacrifices nécessaires à un retour au premier plan.

Le premier va se faire opérer de l’épaule le 30 octobre. Son indisponibilité totale est estimée à 4 ou 5 semaines. Il devra y ajouter celles qui doivent lui servir à retrouver un niveau de jeu suffisant pour refaire son apparition en tournois. Ce ne sera pas simple pour un joueur déjà âgé de bientôt 28 ans, d’autant qu’il va bientôt sortir du top 100. Mais il dit avoir encore « l’envie de jouer et d’y aller à fond ».

A 26 ans, Vliegen, lui, ne désespère pas de retrouver un jour le niveau qui fut le sien en octobre 2006 lorsqu’il occupa la 30e place mondiale. Son classement actuel (92e à l’ATP) ne reflète pas sa réelle valeur car ses mains sont intactes. On a pu encore le vérifier pendant deux sets face à Roger Federer. Mais le talent, aujourd’hui, ne suffit plus pour afficher une constance semaine après semaine, un élément impératif pour que le classement remonte.

Le discours vaut également pour Malisse. Lui non plus n’est plus tout jeune (27 ans) et il doit faire un effort encore plus intense que Vliegen pour se souvenir du bon vieux temps (celui où il était 19e mondial, en août 2002). Même s’il n’est que 163e, ce garçon peut encore sortir des coups insensés. On l’a vu lors du double où il a été quasiment le seul sur le terrain, côté belge, pendant les deux premiers sets. Mais parce qu’il manque, lui aussi, de compétition au plus haut niveau, la confiance fait défaut.

Samedi, il a ainsi suffi d’une volée ratée sur la balle de deuxième set pour les Suisses (au terme du plus bel échange du week-end) pour voir le Flandrien lâcher prise. Olivier Rochus a eu beau monter à son tour en puissance, cela n’a pas suffi, d’autant que le gain de la deuxième manche (après avoir dû écarter dans le tie-break une balle de 2 sets à 0 pour les Belges !) a permis à Federer et à Wawrinka de se libérer et de hausser clairement, surtout au service, leur niveau de jeu. Point important : Malisse s’est déclaré prêt à jouer la Coupe Davis sur une base régulière à l’avenir. « Si je suis repris dans la sélection, je répondrai présent », dit-il ainsi.

Après cinq années passées à la barre de l’équipe, Julien Hoferlin n’hésite pas à clamer qu’il quitte le navire (par la faute d’Anglais trop peu partageurs) alors qu’il pouvait, et voulait, faire encore un bout de chemin avec ses joueurs. « J’ai l’impression qu’on me retire la sucette de la bouche, dit-il joliment malgré l’émotion qui lui donnait des trémolos dans la voix. Je dispose de la meilleure équipe belge de tous les temps précisément au moment où je dois m’en aller. Je suis très triste. »

Après les dissensions du passé, l’équipe belge apparaît aujourd’hui soudée et surtout homogène. Ses quatre joueurs peuvent évoluer aussi bien en simple qu’en double. Voilà un luxe important en Coupe Davis, que même une équipe comme la Suisse ne peut pas s’offrir.

Mais il reste du travail à fournir pour voir les Belges quitter l’antichambre de l’élite d’où il n’est jamais facile de sortir.

Elle connaîtra ce mardi ses adversaires pour 2009. « Elle peut remonter dans le groupe mondial sans problème », jure à ce sujet Hoferlin. S’agissait-il d’un souhait ou d’une véritable prédiction ? L’avenir le dira.

Hoferlin : « Cette équipe, c’est une famille »

Samedi soir, au terme d’un double qui a duré 2h46, Julien Hoferlin était ému. On peut le comprendre puisque le déplacement sur les bords du lac Léman était son dernier match à la tête de l’équipe nationale belge qu’il aura dirigée pendant cinq années. Cinq années où il aura récolté 3 victoires pour 3 défaites. Sportivement, le bilan est donc partagé mais humainement, il est indéniable que le Liégeois aura marqué l’équipe de sa griffe.

« J’ai commencé en trombe, rigole-t-il, avec trois victoires consécutives. En Ukraine, c’était super-sympa pour tout le monde. En Slovaquie, Olivier et Kristof ont été héroïques. Il y a eu l’osmose au sein de l’équipe et c’est la première fois que les supporters belges se réunissaient autour de l’équipe. Puis, j’ai connu l’exploit contre l’Australie où on a joué carrément dans mon jardin (NDLR : à Liège). »

Voilà pour les victoires. « L’Allemagne reste mon plus mauvais souvenir car je reste persuadé qu’avec cette équipe-ci, on la “cirait“ (sic !) et nous aurions dû jouer la demi-finale en Russie, embraye-t-il. Cette année, on a fait ce qu’on a pu en Tchéquie avant d’affronter la Suisse, un match où c’est la fierté dans l’attitude affichée qui prime, malgré la déception du résultat. En sport, on doit chercher l’exploit et s’il n’est pas au bout de l’aventure, on doit pouvoir être fier de nous, pour notre équipe, pour les supporters, pour la Fédération. Sans vouloir jouer les Calimero, on a été poursuivi par la malchance cette année au niveau des tirages au sort. »

A l’heure de dresser le bilan, Hoferlin pose un constat honnête. « Cette équipe est constituée de joueurs qui ont des caractères différents et difficiles mais je les aime comme s’ils étaient mes enfants, lâche-t-il. Voilà cinq ans que je travaille avec Oli, je connais Steve depuis qu’il est tout petit et j’ai toujours eu un bon contact avec Xavier, malgré tout ce qu’on a pu dire ou écrire. Quant à Kristof, c’est un garçon très difficile à gérer mais il a un grand cœur et on s’y attache énormément. Cette équipe, c’est comme une famille, même si tout n’est pas rose, même si on ne s’entend pas tous les jours. J’ai le sentiment de ne pas être arrivé au bout de ma mission. »

Le capitaine le dit lui-même : s’il devait qualifier son expérience d’un mot, il choisirait « partage ». Et c’est vrai que pendant cinq ans, il n’a pas arrêté de partager sa passion du tennis avec ses joueurs et avec les supporters belges qui ne se ménagent pas pour mettre de l’ambiance dans les gradins. « Ma plus belle richesse, ce sont eux… »

Hoferlin risque de se sentir fort seul à l’autre bout de la Manche.

Et voici Réginald Willems

La page Hoferlin s’est refermée sur l’équipe nationale. Déjà celle de… Réginald Willems s’est ouverte. A 31 ans, cet ancien joueur, qui occupe aujourd’hui avec un succès certain le poste d’entraîneur de Steve Darcis, peut se préparer à prendre une succession délicate. Présent ce week-end sur les bords du lac Léman, il a pu mettre le pied à l’étrier. Sa nomination sera proposée, et acceptée, lors du prochain Comité exécutif de la Fédération royale belge qui se tiendra à la mi-octobre. Membre du staff d’entraîneurs de l’AFT, Willems est celui qui connaît le mieux et qui s’entend le mieux avec les joueurs présents ce week-end en Suisse. Outre Darcis, qu’il côtoie au quotidien, il s’occupera bientôt également d’Olivier Rochus qui a décidé de revenir s’entraîner au centre de Mons. C’était donc un choix logique d’autant plus évident qu’aucun autre nom ne circulait. Il est indéniable qu’avec Willems, l’ambiance va être différente. Il n’a ni le charisme, ni le caractère bouillonnant et jovial du Liégeois. C’est plutôt quelqu’un de discret et de réservé qui travaille dans l’ombre. Avec la Coupe Davis, il va toutefois devoir s’habituer à la pleine lumière.

Résultats

COUPE DAVIS

Demi-finales mondiales

Espagne – Etats-Unis 4-1

M. Bryan/Fish (USA) b. Verdasco/Lopez (Esp) 4-6,

6-4, 6-3, 4-6, 6-4 ; Nadal (Esp) b. Roddick (USA) 6-4,

6-0, 6-4 ; Lopez (Esp) b. Querrey (USA) 7-6 (3),

7-6 (4).

Argentine – Russie 3-2

Kunitsyn/Tursunov (Rus) b. Nalbandian/Canas

(Arg) 6-2, 6-1, 6-7 (9), 3-6, 8-6 ; Davydenko (Rus) b.

Nalbandian (Arg) 3-6, 6-3, 7-6 (2), 6-0 ; del Potro

(Arg) - Andreev (Rus) 6-4, 6-2, 6-1.

Pas de résultats.