Et maintenanT, au boulot ! Aan het werk !

DELVAUX,BEATRICE

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Mardi 23 septembre 2008

Rédactrice en chef

Ce n’est que justice. Après avoir été tant de fois cloué au pilori dans ces colonnes, aujourd’hui, le CD&V doit y être salué.

Il a assumé hier son rendez-vous avec l’histoire, a pris ses responsabilités et coupé le cordon avec la N-VA. Même si cette rupture s’est quasiment produite à l’insu de son plein gré, contre sa volonté.

Les deux partenaires du cartel sont d’ailleurs à ce point stupéfaits de ce qui vient de leur arriver, qu’ils tentaient hier encore de nier la mort de leur couple. Soyons clairs : ne pas enterrer officiellement ce duo ressusciterait la schizophrénie qui a miné la vie politique belge depuis la victoire du cartel aux élections législatives. Soit depuis quinze mois.

Le CD&V enfin responsable ? Soyons juste, tout cela s’est fait sans gloire, le parti étant forcé par les événements et par ses pairs. Et c’est aujourd’hui un parti très faible, sans stratégie ni colonne vertébrale, et sans majorité flamande à la Chambre, qui est à la barre du pays et des négociations communautaires.

C’est dire si l’édifice belge reste fragile. Menacé, d’une part, par la radicalisation d’un CD&V qui va vouloir prouver qu’il est toujours un bon Flamand face à trois partis radicaux qui vont tirer sur lui à vue (De Decker, Vlaams Belang et N-VA) et, d’autre part, par le risque d’une démission de son chef de file, Yves Leterme, fondamentalement décrédibilisé au nord du pays et auprès de ses troupes.

Mais faisons une trêve. Ne boudons pas la satisfaction de l’instant. Notamment parce qu’au rang des bonnes nouvelles du jour, figure l’extrême bonne santé démocratique de la Flandre, incarnée par deux partis, l’Open VLD et le SP.A, certes tactiques, et par la presse du nord du pays, qui ont assumé leurs responsabilités. Dénonçant, au risque de passer pour des traîtres à la cause d’une certaine Flandre, les dérives d’un cartel phagocyté par le nationalisme obscurantiste et sans perspective d’un parti minuscule qui avait fini par prendre la raison en otage.

Sans ce trio vertueux, les francophones auraient dû continuer à subir, sans véritable marge de manœuvre, le dessein surréaliste ainsi imposé au pays.

Bon, concluons : au boulot !

Pas de résultats.