Dopage : perquisitions à l’hôtel de Frank Schleck
n.c.
Samedi 27 septembre 2008
L’hôtel qui abrite la sélection luxembourgeoise de cyclisme, dont fait partie Frank Schleck, à Gaggiolo près de Varèse (Italie) aux championnats du monde de cyclisme sur route a été perquisitionné dans la nuit de vendredi à samedi par la police italienne.
Cette opération, qui a concerné l’ensemble de l’équipe luxembourgeoise et a mobilisé une quinzaine de gendarmes, s’est terminée vers 01h00 dans la nuit de vendredi à samedi.
Les enquêteurs, qui ont procédé à une fouille complète, se sont intéressés à une tente hypobare (recréant artificiellement des conditions d’altitude) utilisée par l’un des coureurs de l’équipe. La détention de ce matériel, qui est autorisé par le code mondial antidopage, avait déjà donné lieu en 2005 à une intervention des NAS pendant le Giro. A l’époque, l’Australien Robbie McEwen avait été entendu par les enquêteurs.
La perquisition intervient au lendemain de l’annonce par le quotidien allemand « Süddeutschen Zeitung » vendredi soir de la convocation du coureur luxembourgeois de l’équipe CSC, 28 ans, par l’agence nationale antidopage du Luxembourg dans les prochains jours. Schleck aurait à s’expliquer sur l’envoi d’un mandat de 6.691 euros en mars 2006 sur le compte dénommé « Code Holdings » de la banque HSBC à Genève (Suisse). Ce compte appartient à Eufemiano Feuntes, considéré comme le cerveau de l’opération Puerto, mise à jour en Espagne en mai 2006 par la guardia civile révélant un vaste réseau de dopage sanguin organisé.
Frank Schleck avait brièvement réagi vendredi : « Je n’ai rien fait d’illégal dans ma carrière. Et j’irai m’expliquer sans problème devant l’agence anti-dopage pour le prouver. Je veux, en attendant, me concentrer sur le championnat du monde. »
Vainqueur de l’Amstel Gold Race en 2006 et porteur deux jours du maillot jaune au dernier Tour de France, Frank Schleck, comme son frère Andy, sont depuis un moment surveillés de très près. En juillet dernier, sur les routes de la Grande Boucle, leur équipe, CSC, a été contrôlée quotidiennement. L’équipe CSC, managée par le Danois Bjärne Riis qui a avoué s’être dopé à l’EPO lors, notamment de sa victoire au Tour de France en 1996, a annoncé qu’elle soutenait pour l’instant son coureur. Les douanes sont également intervenues au Tour sur le véhicule de Johnny Schleck, le père, à trois jours de l’arrivée.
Frank Schleck, frère aîné d’Andy, avait terminé à la 6-ème place à 4 : 28 du vainqueur, l’Espagnol Carlos Sastre.
Dans ce contexte, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), désormais nantie d’un test sanguin de détection de l’EPO de type CERA, va entamer lundi l’analyse de prélèvements sanguins du dernier Tour de France appartenant à des cyclistes suspects, avait annoncé vendredi son président, Pierre Bordry. Le président de l’AFLD a par ailleurs estimé que l’annonce dans la presse de l’imminence des analyses rétroactives était probablement à l’origine du forfait de quelques coureurs pour les Mondiaux qui se déroulent actuellement à Varèse (Italie), jugeant que « certains doivent mal dormir. »
(AFP)
