Un spectacle schizophrénique
STAGIAIRE
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Lundi 29 septembre 2008
Humour/ « I rêve a dream » d’Alexis au Varia
Ce téléspectateur, endormi, entre en mode quasi schizophrénique, donne son avis sur tout et déverse son fiel sans complaisance. C’est qu’il en a marre de cette télévision qui n’a à offrir que des catastrophes, de la violence, ou des émissions de divertissement stupides ! Alexis passe de la critique – monsieur est un grand râleur – à la parodie. Rabbi Jacob, Sylvester Stallone, Will Smith, en mode zapping ce jeune comique décortique ce qui constitue aujourd’hui les références culturelles des jeunes. « On est la génération télé, avec tout ce que ça comporte de bon et de moins bon, la génération synthèse, les pros du recyclage », nous expliquent Alexis et son producteur Gilles Morin.
Les sources d’inspiration d’Alexis ? Le hip-hop, le cinéma, la télévision, et du côté des humoristes Les Inconnus, Georges Carlin, et aussi Louis de Funès : « J’adore son côté râleur. Quand je bosse je suis moi-même un éternel insatisfait. Mais c’est productif parce que je trouve que sans conflit, on s’ennuie ! » Et d’ajouter : « Je m’inspire aussi pas mal du surréalisme belge, que j’apprécie depuis le secondaire. Quand je fais passer le surréalisme dans mes spectacles, ça devient beaucoup plus concret pour les types du quartier. »
Le public, qui du temps du slam et Phazy Phaz était surtout issu des tendances hip-hop et du mouvement urbain, tend à devenir plus global. Cela tient surtout au fait qu’Alexis fait la synthèse de toutes ces influences.
Dans une subtile configuration, le spectacle rappe entre rêve et réalité, entre inconscience et maîtrise. « Aujourd’hui les jeunes ont peut-être moins de culture, mais ils sont loin d’être cons. Ils comprendront notre jeu sur différents niveaux », explique Alexis. « Certains reprocheront peut-être au spectacle d’être trop bruyant, mais pour moi crier est une façon de montrer mon énergie ! » Et c’est vrai qu’Alexis, sur scène, ça déménage.
Derrière les pitreries et l’humour décapant, Alexis veut aussi faire passer un message. Si on n’avait pas déjà trop foulé du pied les slogans « Just do it » ou « Impossible is nothing », il s’en servirait sans doute pour bousculer le public : « Je veux faire taire tous ceux qui crachent sur la société sans se bouger, leur montrer que le rêve n’est pas un concept passif, mais qu’il peut se réaliser » .
