De l’autre côté de la colline
MAKEREEL,CATHERINE
Page 48
Lundi 29 septembre 2008
Scènes « Papa est en voyage »
C’est pourtant le même Hamadi, auteur et comédien de 50 ans, qui déploie avec le regard espiègle d’un gamin de 9 ans, ses souvenirs d’enfance marqués par l’exil du Maroc vers la Belgique. Seul sur une chaise au milieu d’un plateau nu, il nous emmène dans les plaines berbères, au fil de fleuves aux noms de femmes, d’un vieillard bouffeur de petits pois, d’une grand-mère qui parlait aux chiens et d’olives gorgées du suc de l’enfance.
De ce côté insouciant de la colline, on passera de l’autre côté du monde pour rejoindre un père immigré en Belgique. Là où les immeubles sentent la bière et le tabac froid. Où les étés sont plus froids que les hivers marocains. Où son père, devenu homme à tout faire, n’a plus de nom, d’histoire ou de terre. Un père qui a donné sa force et sa jeunesse à un pays qui ne lui donnera même pas une sépulture.
Entre fiction et autobiographie, humour et gravité, Hamadi irrigue son histoire de chants berbères, tandis que défilent les photos en noir et blanc des êtres chers, aujourd’hui disparus. Prouvant, s’il le fallait encore, que l’exil n’est pas un choix, Hamadi brode un récit soyeux, doux comme un plaid, dans lequel on s’emmitouflerait bien tout l’hiver. Ça tombe bien : la suite du triptyque, Dieu !? et Sans ailes et sans racines, est à découvrir d’octobre à janvier.
