« Mons sera capitale de la culture en 2015 »

JENNOTTE,ALAIN; WYNANTS,JEAN-MARIE

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Mardi 30 septembre 2008

Institutions Fadila Laanan ne chôme pas

Avant la fin de la législature, la ministre de la Culture a de gros dossiers à boucler. Comme Mons et la Médiathèque.

La médiathèque en péril, la réorganisation des Centres culturels, le lancement d’un fonds d’investissements avec la Région wallonne, le dossier de la Capitale culturelle européenne de 2015… pour la ministre de la Culture, Fadila Laanan, les mois à venir seront bien remplis.

Si bon nombre d’objectifs fixés lors des États généraux ont été atteints, il reste pas mal de travail avant la fin de la législature. Plus que les artistes et créateurs, ce sont surtout les usagers de la culture qui sont cette fois concernés, de même que les travailleurs d’un secteur qui emploie plusieurs milliers d’employés, ouvriers, techniciens, animateurs, etc. À l’image de la Médiathèque.

Fadila Laanan lui avait donné jusqu’à décembre pour trouver des partenaires capables de l’épauler, afin de sauver sept de ses centres de prêt menacés de fermeture. Tout en dégageant une aide additionnelle de 200.000 euros pour les y aider. Un calendrier qui s’avère intenable pour la Médiathèque. Si le centre de prêt de Verviers est virtuellement sauvé, il n’en va pas de même pour d’autres communes du réseau comme Braine, La Louvière, Mons, Seraing, Uccle et Woluwe-Saint-Lambert. « J’ai dégagé un budget de 200.000 euros pour aider les pouvoirs locaux à transférer les centres de prêt de la Médiathèque concernés en espérant que ces conventions seraient signées d’ici à décembre. Le délai sera prolongé en 2009 pour permettre aux communes qui ne sont pas prêtes de se ressaisir. Mais elles ne doivent plus tarder. »

Du côté des centres culturels, 95 contrats-programmes (sur 115 centres reconnus) doivent être renouvelés. Le coût total maximal est estimé à 3.302.000 euros supplémentaires dès 2009. Mais parallèlement à ce refinancement espéré, c’est surtout la politique des centres culturels qui est repensée actuellement. « Souvent, on ne me parle que de financement sans se remettre en question ou se poser la question de l’utilisation de ces budgets. Il s’agit donc d’un travail à long terme pour refixer un cadre général puis finaliser les contrats-programmes avec chaque lieu. La commission devrait bientôt présenter cette réflexion dans le cadre des rapports annuels des instances d’avis. »

Parmi les dossiers délicats, celui de la capitale européenne de la culture en 2015 est considéré comme quasiment clos par la ministre… alors que la procédure officielle de candidature vient seulement d’être lancée, suscitant notamment un large mouvement de fronde du milieu artistique liégeois. « Pour moi, ce sera Mons, c’est évident. Cela a été décidé bien avant mon arrivée et avec le soutien de toutes les parties, y compris le gouvernement fédéral. Je respecte les accords pris par mes prédécesseurs. L’appel à candidatures légal a néanmoins été lancé. Et le meilleur projet sera retenu, je pense. » Comprenez, le projet montois évidemment.

Et tant qu’on est en Wallonie, restons-y avec le projet Start mis en place par Rudy Demotte, Jean-Claude Marcourt et Fadila Laanan. « Il s’agit d’une idée qui était venue à Rudy Demotte lors de la Foire du livre, afin de venir en aide aux éditeurs en difficulté. Rudy Demotte a alors lancé l’idée d’un Wallimage du livre. Je lui ai proposé de l’élargir à tout le secteur artistique. Il s’agit donc de créer une société d’investissement de politique régionale mais où la Communauté sera présente. Le projet de texte est en cours de rédaction avec deux grands axes : le prêt de moyens financiers et l’entrée dans l’actionnariat de sociétés dans le champ culturel. On entend par là le secteur des nouvelles technologies, les sociétés fabriquant des costumes, des décors, les politiques touristiques ambitieuses… Il ne s’agit pas d’aide aux artistes et à la création. Pour cela, il y a d’autres mécanismes. »

Neuf challenges en neuf mois

Conseil général des politiques culturelles. Constituer celui-ci avec des membres n’ayant aucun lien avec une institution ou une ASBL culturelle s’est avéré impossible. Le décret a donc été modifié et supprime cette incompatibilité. L’appel aux candidats sera bientôt lancé.

Revalorisation des emplois socioculturels. 5536 emplois sont concernés. La prise en charge accrue de la quasi-totalité des salaires (plus de 90 % en venant de 75 %) par la Communauté a dégagé des budgets pour les activités. Désormais, ce sont les barèmes qui sont revalorisés, améliorant la situation des travailleurs du secteur.

Lecture publique. Le nouveau décret devrait être voté début 2009. Il s’agit notamment de tenir compte des nouvelles technologies. Près de six cent mille personnes fréquentent les bibliothèques en Communauté française.

Pratiques artistiques non professionnelles et créativité. Ici aussi le but est de doter les 160 CEC (Centre d’expression et de créativité) et les 21 fédérations, d’une législation adaptée aux besoins actuels, dans un secteur concernant un très large public.

Musées. Après l’adoption du décret sur la reconnaissance et le subventionnement, le Conseil des musées a commencé à examiner les différents dossiers : 18 décisions de reconnaissance ont déjà été prises cet été. Le travail se poursuit.

Plan de fréquences. Le dernier réseau radio devrait être attribué dans les quinze jours. Fadila Laanan rappelle que c’est au Conseil supérieur de l’audiovisuel de déterminer quel type de radio manque encore au paysage audiovisuel francophone.

Arte Belgique. La phase « expérimentale » de deux ans arrive à son terme. Le partenariat sera pérennisé par la signature d’un contrat programme, probablement de quatre ans.

Financement du cinéma. Un décret cinéma est en préparation. Il permettrait de structurer et de stabiliser les moyens affectés au cinéma pour éviter toute équivoque avec la vision européenne, souvent suspicieuse sur les aides d’État.

Transposition de la directive SMA. Destiné à remplacer la directive « Télévision sans frontières », ce texte consacré aux services de médias audiovisuels (SMA) traite notamment des médias non linéaires (comme la vidéo à la demande), de la protection des mineurs et de la promotion des œuvres audiovisuelles européennes.

Pas de résultats.