Deux créatures et une table

FRICHE,MICHELE

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Mardi 30 septembre 2008

Scènes « Le territoire » de Martine Wijckaert à la Balsamine

critique

Martine Wijckaert, fondatrice de la Balsamine, clôt une trilogie lancée en 2002 avec Ce qui est en train de se dire, et continuée trois ans plus tard par la Table des matières.

Entourée de la même équipe, sa dernière station, le Territoire, repêche des indices pour qui a vu les premiers épisodes, mais cette fois, au lieu de nous fasciner, elle nous largue dans une logorrhée d’autodestruction, d’autodérision qui parfois fait sourire, mais surtout lasse, là, « dans ce trou du cul du bout du monde du bout de l’univers… »

Le vaste plateau de la Balsamine, baigné de bruissements répétitifs et ponctué du Nisi Dominus de Haendel (Virgine Jortay), a été travaillé par l’art de Valérie Jung : une forêt vénéneuse, oblique, de longs pieux de métal sur lesquels joue la lumière de Stéphanie Daniel. En haut, une table fleurie et garnie attend la fin du spectacle pour descendre violemment et briser ainsi ses cristaux… Ne nous serine-t-on pas que « ce qui compte, c’est de passer à table autrement que dans une atmosphère grasse de merde – une table d’apaisement et de modération »… ?

Ces mots sont mâchés par Véronique Dumont, harnachée en cavalier noir des temps anciens, avec son squelette de cheval, débris d’une croisade pour « la quiétude de l’inculture ». Toujours d’une présence sidérante, en dépit d’un texte dont on saisit mal l’enjeu, la comédienne apparaît tard, en double antagoniste de la « petite » (Héloïse Jadoul, 16 ans) qui avait d’abord arpenté ce territoire en solitaire, avec énergie.

Et si les deux interprètes déposent en fin de parcours leurs armes sur la table dévastée, l’horizon ne s’éclaire guère pour autant.

Balsamine, jusqu’au 18 octobre.

02-732.96.18, www.balsamine.be.

Une exposition de (très belles) photos retrace le parcours de Martine Wijckaert pendant la durée des représentations.

Pas de résultats.