Ils sortent le grand jeu !
MAKEREEL,CATHERINE
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Mercredi 1er octobre 2008
Théâtre « Ladies Night », à Bruxelles et à Namur
Aujourd’hui, cet artiste hyperkinétique – le soir, il joue dans Hygiène de l’assassin au Public – met en scène une comédie de renommée internationale. Et il suffit d’assister aux répétitions pour comprendre que ce Ladies Night ne devrait pas faire chavirer que les dames.
Alors que retentit le « Hot Stuff » de Donna Summer, voilà que le pied de Georges Lini se met à battre la cadence, que le genou d’Eric de Staercke gigote, que Philippe Résimont laisse échapper un déhanchement communicatif, pour finir dans une chorégraphie des plus sexy. Impossible alors d’éviter un sourire ou de battre du pied à son tour. On aura reconnu la scène des apprentis stripteaseurs dans la file des pointeurs au chômage, même si elle est transposée ici dans un bar. « La pièce diffère un peu du film, précise le metteur en scène. Mais on retrouve la même intrigue, que nous avons adaptée au contexte belge, avec l’Orbem, le CPAS et le café de quartier comme on en trouve dans la banlieue de Bruxelles. »
L’histoire est connue. Dans une ville ouvrière, une bande de copains se lance un défi : faire un strip-tease pour « gagner de la thune » et se prouver qu’ils sont encore capables d’exister. Qui dit strip-tease dit voyeurisme ; l’affiche joue d’ailleurs là-dessus.
Nombreux sont ceux qui viendront voir avant tout six hommes se mettre à nu, et c’est justement là que Daniel Hanssens veut surprendre : « Si on joue ça uniquement sur le strip-tease, on se plante. La nudité n’est pas le propos. Ce sont avant tout des paumés qui veulent s’en sortir. Ils sont à bout, ne savent plus payer leurs traites, craignent que leur femme les quitte. Se mettre à nu sera pour eux comme une nouvelle naissance, une manière de se refaire une place dans la société. A l’heure où le taux de chômage ne cesse de grimper, cette pièce est terriblement actuelle. »
Pour son casting de rêve, Daniel Hanssens a fait appel à des familles théâtrales très différentes, de Pierre Pigeolet, abonné aux Galeries, à Georges Lini, meneur du Zone Urbaine Théâtre.
Même Philippe Résimont, encore dans le plâtre cet été suite à une chute alors qu’il jouait Le Bossu à Villers-la-Ville, a accéléré sa rééducation pour pouvoir rejoindre la bande. Il n’aurait manqué ça pour rien au monde. Et aujourd’hui, ses collègues le placent numéro 1 pour ce qui est du rythme dans la peau. C’est que chaque jour, entraînés par Bruce Ellison, les comédiens peaufinent leur « choré ».
« A la fin des premiers entraînements, on était tout courbaturés ; on aurait dit la scène du film », se souvient Michel Hinderyckx. « On s’est beaucoup servi de nos propres expériences, renchérit le metteur en scène. Le théâtre est un milieu précaire, et on a tous vécu l’humiliation des files du chômage. Et puis, en mars, pour faire l’affiche, j’ai dû leur dire : “Allez les gars, à poil !” Ils ne pouvaient plus reculer, exactement comme dans la pièce ! »
