Un Univers de découvertes

DU BRULLE,CHRISTIAN

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Mercredi 1er octobre 2008

Physique L’étude des astroparticules, une discipline émergente

L’Univers reste mystérieux à 95 %. Les chercheurs du réseau Aspera proposent sept outils pour y voir plus clair.

Qui aurait pu imaginer que l’étude des astroparticules allait devenir en quelques années une des disciplines les plus « chaudes » de la physique ?

En étudiant les photons à haute énergie, les rayons cosmiques et les neutrinos (autant de particules qui viennent de l’espace et qui sont produites par des phénomènes violents comme les réactions de fusion dans les étoiles ou l’effondrement d’étoiles), les scientifiques espèrent pouvoir un jour nous dire de quoi l’Univers est fait, nous préciser l’origine des rayons cosmiques ou encore nous dévoiler la nature de la gravité et même… celle de la matière noire !

Ambitieux ? Ces deux derniers jours, la crème des physiciens dans ce domaine s’était donné rendez-vous à Bruxelles pour en débattre. Leur mission : baliser les priorités dans ce domaine pour les années à venir. Réunis dans le cadre du réseau européen Aspera (1), ils ont été rejoints par les responsables des grandes agences de financement de la science, européens comme étrangers, histoire de pouvoir aussi parler gros sous ! « Sept priorités ont été identifiées par la communauté scientifique, explique l’Allemand Christian Spiering, qui a piloté les travaux du groupe de travail. Il s’agit par exemple d’un réseau de télescopes à photons de haute énergie (Cherenkov Telescope Array), d’outils de mesure d’ondes gravitationnelles, d’étude de rayons gamma, d’engins de mesure de la masse des neutrinos ou encore de détecteurs de matière noire. »

« Des bonds de joie ! »

Des machines ambitieuses qui bien entendu ont (auront) un coût. Entre 50 et 500 millions pièce, estiment les spécialistes. Avec au total, sur dix ans, un investissement global d’un milliard d’euros, dont un tiers pourrait être financé par des partenaires non européens.

Carlo Rubbia, 74 ans, ancien directeur du Cern et lauréat du prix Nobel de physique en 1984 était lui aussi à Bruxelles en début de semaine. Son enthousiasme pour la recherche en physique et plus particulièrement les astroparticules est intact. « Si j’étais aujourd’hui un jeune physicien, je ferais des bonds de joie, confiait-il dans les salons de l’hôtel Métropole (un haut lieu de la physique en Belgique). Nous sommes à la veille d’une troisième révolution en ce qui concerne notre connaissance du monde. Après celle de Copernic qui remit le Soleil et l’Homme à leur place dans l’Univers, après les théories darwiniennes sur l’évolution du vivant sur Terre, nous allons enfin nous atteler à “la” question fondamentale : de quoi sommes-nous faits ? de quoi est fait notre Univers ? 95 % de la matière de l’Univers restent largement inconnus des scientifiques. Les astroparticules vont nous aider à lever un coin du voile ! »

www.aspera-eu.org

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