Le lotissement de demain
DE VOGELAERE, JEAN-PHILIPPE
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Samedi 4 octobre 2008
Territoire Un permis local d’urbanisation est en vue
Il reste aussi que le permis de lotir – il y en a plus de 385.000 rien qu’en Wallonie, de 3 à 150 lots, – ne fait plus l’unanimité. Notamment parce que, pour obtenir une dérogation, un propriétaire doit recueillir l’assentiment des trois quarts des autres propriétaires. Mais aussi parce que l’évolution sociale fait que les cellules familiales sont devenues plus nombreuses et plus petites. Enfin, parce que l’Europe amène les Régions à réfléchir sur le plan énergétique des bâtiments et de l’urbanisation.
D’où la réflexion de la Région wallonne pour modifier le Code wallon de l’aménagement du territoire et changer le permis de lotir en « permis local d’urbanisation », comme on a pu le découvrir ce vendredi lors d’un « Midi de l’Urbanisme » qui a rempli le Centre culturel d’Ottignies.
Un nouveau type de permis donc, mais dans lequel il faudra, selon Jean-Pol Van Reybroeck, chef de cabinet du ministre wallon de l’Aménagement du Territoire, André Antoine (CDH), « tenir compte des options urbanistiques (densité, fonctions…) qui ne pourront plus faire l’objet de dérogation, des options architecturales d’ensemble en donnant une image précise de ce que le quartier deviendra, des prescriptions d’ordre esthétique (façades, abords…), et des données techniques de voiries. Avec des exceptions, comme pour les divisions d’un lot le long d’une voirie assez équipée, sauf si le collège communal s’y oppose. » Un changement qui ne plaît pas à tous. Mathurin Smoos, de l’Union des Villes et des Communes, se demandait même s’il ne fallait pas carrément « le supprimer », tandis que Sophie Dawance, d’Inter Environnement Wallonie, invitait toutes les entités « à se doter d’un schéma de structure et d’un règlement communal d’urbanisme ». Ce que prône aussi Chantal Vincent, de la Chambre des urbanistes, pour qui, toute urbanisation devrait « commencer par un récit fondateur. »
Et Christian Radelet de conclure : « Bien loin donc de ces quatre façades contre lesquelles on doit se battre, même dans les zones rurales où l’on nous rétorque que c’est ce que la population souhaite et que cela évite les conflits de voisinage. Si Louvain-la-Neuve est aujourd’hui considéré comme une réussite, c’est justement parce qu’il y a eu un projet urbanistique dès le départ ! »
