La promenade aux bougies

DE BAST,ANNE-CATHERINE

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Lundi 6 octobre 2008

Liège Nocturne des coteaux de la citadelle

Les Dindons de la farce. C’est ce que certains riverains des coteaux ressentaient lors de la Nocturne de samedi.

La Nocturne des coteaux de la citadelle, samedi, c’était 20.000 bougies, dix kilomètres de promenades, des concerts, des animations. Et surtout des milliers de visiteurs qui ont sillonné le quartier durant toute une soirée et une partie de la nuit.

Liège est une ville qui bouge, ce n’est pas nouveau. Mais pour les riverains, c’en est trop. Après les Fêtes de Wallonie et la course des Franchimontois, ils ont une fois encore été envahis par les touristes, ce samedi.

« La Ville commence à exagérer, raconte un habitant de la rue Hors-Château. Trois week-ends de suite où il est impossible de trouver une place pour son véhicule, ou même de dormir. Quel est le message envoyé par l’administration communale aux habitants de l’hypercentre ? »

Contrairement à ce que les autorités pensent, les habitants concernés ne sont pas tous enthousiastes à l’approche de la Nocturne.

Certains des riverains ont vraiment la sensation d’être les dindons de la farce. Le Liégeois mécontent a d’ailleurs fermé les volets et s’est enfui pour deux jours. Laissant le quartier aux mains des touristes, plutôt heureux d’en profiter…

Et parmi ceux-là, il y a ceux qui découvrent les coteaux by night, ceux qui les découvrent tout court et les habitués.

Comme Justine, une Sérésienne de 23 ans, qui s’est arrêtée avec ses potes dans un bar à pekets en bas de la Montagne de Bueren. « Ça fait quatre ans d’affilée que je viens, lance-t- elle. J’aime faire la fête ici. Il y a toujours une bonne petite ambiance ! Là, on boit un verre, puis on va aller se balader là où la foule nous emmène. »

Au pied des 374 marches illuminées, les curieux se pressent. Hésitent. « Je préférerais passer par les petits coteaux boisés que grimper ça », sourit un passant avant de se diriger vers l’impasse des Ursulines. Dans le dédale de ruelles étroites et pentues, les réflexions vont bon train. « Oufti, il faut un GPS, pour s’y retrouver, ici ! », lance un visiteur. « Chérie, j’ai oublié mes clés de voiture à la maison, je dois remonter », lance un autre.

« Mais comment font les gens pour vivre ici ? Ils se garent où ? Ils font leurs courses comment ? », s’inquiètent certains.

Les lieux éclairés à la lueur des bougies interpellent, c’est sûr. Les étrangers n’en reviennent pas. « C’est incroyable, confie Steffen, 20 ans, venu d’Allemagne pour quelques mois. Tout est magnifique, les bougies, l’atmosphère, les places, les petites maisons ouvertes, la musique. »

A côté de lui, Ortensia, une jeune fille au pair équatorienne enchérit : « C’est très romantique, et très étonnant ! Il y a beaucoup de monde, beaucoup de choses à faire. Pour moi, c’est une vraie découverte. »

Sur les terrasses, Claudia et Carlo, deux Italiens qui travaillent à Liège depuis janvier, découvrent. « C’est joli, très particulier. On n’imaginait pas trouver de tels espaces à deux pas du centre-ville. Cet événement nous rappelle la Fête des lumières, à Lyon. Mais ici c’est plus traditionnel, avec tous les petits recoins cachés. »

Des coins que redécouvrent d’ailleurs aussi les Liégeois. Comme Micheline et Anne qui viennent se promener régulièrement dans le quartier. Mais sans jamais l’avoir traversé de nuit. « Ici, on sent battre le cœur de Liège, s’exclame l’une d’elles. Dans le noir, c’est toujours différent. Ceci dit, on n’a pas encore vu grand-chose, on ne sait même pas où on va ! »

Elles n’iront pas beaucoup plus loin, car les heures passent et les promenades se ferment tout doucement. Mais dans les impasses de la rue Hors-Château, les concerts se poursuivent, tandis que le feu d’artifice explose au-dessus des têtes. Peu après minuit, la Nocturne, c’est fini. Mais certains vont encore la fêter jusqu’au bout de la nuit.

Pas de résultats.