Blatter : « Le Mondial 2018 ? La bataille sera rude ! »

BERTI,CHRISTOPHE

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Mardi 7 octobre 2008

FIFA Le président du football mondial était en visite à Bruxelles lundi

C’est ce qu’on appelle un marathon médiatique pour raison de lobbying. Sepp Blatter, le président de la Fifa (fédération internationale de football) était au Parlement européen à Bruxelles, ce lundi, à l’invitation d’Ivo Belet, eurodéputé belge. Et il a longuement répondu aux questions des journalistes sur tous les thèmes touchant au football mondial.

En fait, Blatter a participé à une réunion de la commission culture et sport du Parlement, où il a reparlé de son idée de « 6+5 » (l’obligation pour un club d’aligner 6 joueurs sélectionnables dans son pays), malgré l’accueil plutôt froid – doux euphémisme – dans le même hémicycle au mois de mai dernier.

« C’est plus qu’une simple règle, c’est une philosophie du football, a-t-il martelé dans toutes les langues. Et c’est d’ailleurs un débat qui dépasse le football pour toucher beaucoup de sports collectifs comme le basket, le hockey, le rugby, etc. Le monde du sport et de l’olympisme nous soutient d’ailleurs dans notre démarche. »

Le problème, évidemment, c’est que cette règle enfreint le sacro-saint principe de libre circulation des travailleurs, souligné par l’arrêt Bosman. « On ne fera évidemment rien contre les lois européennes, mais j’ai un mandat de la Fifa pour me battre pour ce projet et donc, je me battrai pour qu’on prenne en compte la spécificité du football. Dans le monde “normal” du travail, 3 % de la population, en moyenne, voyage d’un pays à l’autre. En foot, c’est 40 à 50 %. Il faut retrouver un équilibre. Dans la vie, rien n’est définitif, même pas les lois… »

Et Blatter a senti « une ouverture » au Parlement et ne désespère pas d’arriver à un compromis autour d’un système « 4+7 » en 2010. Par ailleurs, il a répété sa volonté d’empêcher les transferts des jeunes joueurs avant 18 ans et ses regrets face aux investisseurs des quatre coins du monde qui prennent le contrôle de clubs européens, surtout anglais. « Le football est à la croisée des chemins. Quand je suis entrée à la Fifa, il y a 34 ans, l’institution comptait 12 employés et organisait une seule compétition, la Coupe du monde, à 16 équipes. Ensuite, Havelange a voulu faire du football le sport universel et on y est arrivé. Mais aujourd’hui, je veux insister sur le fait que notre sport ne doit pas être seulement un business, même si c’est, dans les faits, l’une des plus grandes activités économiques mondiales. On n’est parfois impuissant face aux lois civiles ou aux lois du marché, mais mon successeur devra trouver des idées, dans l’avenir, pour revenir à l’essence du sport. »

Le président de la Fifa a aussi évoqué la candidature belgo-néerlandaise pour l’organisation de la Coupe du monde 2018. « Croyez-moi, la bataille sera rude, aussi bien pour 2018 que pour 2022 car les candidats seront nombreux et d’un très haut niveau. D’ailleurs, je vais proposer très vite, fin octobre, une espèce de planning pour répartir les candidatures sur les deux épreuves, peut-être par zone géographique. Rien qu’en Europe, je pense que l’Angleterre, l’Espagne (peut-être avec le Portugal), la Russie et la Belgique et les Pays-Bas, vont s’affronter. Plus la Chine, le Japon, etc. Bref, le gratin… Ceci dit, les Belges et les Néerlandais ont réalisé une excellente présentation et ont des arguments. C’est une bonne candidature. »

Pour rappel, la décision tombera à ce propos en 2011.

Enfin, en marge de la réunion, Sepp Blatter s’est voulu rassurant quant à l’organisation du Mondial en Afrique du Sud, en 2010. Et il a apaisé quelque peu la crise autour de la Pologne, soulignant une « évolution positive » du dossier et autorisant ce pays à jouer les matchs de qualification les 11 et 15 octobre.

A ce propos, l’UEFA, elle, s’est montrée plus prudente, estimant qu’il faudra « restaurer la confiance » en vue de l’Euro-2012. Ce dossier-là est loin d’être clos.

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