FORTIS : une promesse floue à l’actionnaire floué
GERARD,PAUL
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Mercredi 8 octobre 2008
En Belgique, des centaines de milliers de particuliers ont acheté l’action Fortis pour son statut de valeur de bon père de famille, réputée stable. A ces petits porteurs dépouillés, Leterme Ier a annoncé ce mardi matin, c’est-à-dire bien tard, qu’ils hériteraient le moment venu (mais quand ?) d’une part (indéterminée) des bénéfices (potentiels) à attendre de la prise de participation de l’Etat au capital de BNP Paribas, la banque française ayant pour deux tiers repris Fortis par échange d’actions.
Promesse floue, inchiffrable.
Il faudra sans doute autre chose pour calmer le courroux des actionnaires. Car enfin, on a littéralement siphonné leur Fortis en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, sans les consulter à aucun moment. L’urgence de la crise de liquidité qui touchait le premier groupe financier du pays, derrière laquelle se réfugie le gouvernement, pouvait-elle tout justifier ? Une chose est sûre : en voulant protéger à tout prix les déposants, on a sacrifié l’actionnaire de Fortis, lequel n’est pas un actionnaire comme les autres puisqu’on lui a vendu l’action comme une valeur sûre, sorte de bon de caisse en plus branché mais au rendement quasi assuré.
Ce n’est pas pour rien que la crise de confiance frappant Fortis s’est emballée au moment où la direction annonçait la suppression du dividende intermédiaire cette année.
Au-delà des symboles, il y a surtout des drames réels. Que ce soit en direct ou au travers d’un fonds de pension, d’une assurance-vie ou d’une sicav, pour beaucoup d’épargnants, de ménages, de pensionnés, Fortis était jusqu’ici synonyme de complément financier nécessaire pour joindre les deux bouts. Vu comme ça, les actionnaires de Fortis ont bien raison d’exiger de l’Etat, dépeceur en chef du groupe, autre chose qu’un vague lot de consolation.
