Le « bastaard » prend langues

DUBOIS,FRANCIS

Page 14

Mercredi 8 octobre 2008

Politique Le député flamand Sven Gatz (VLD) a pris la plume

Le héraut des Bruxellois flamands prône une nouvelle citoyenneté : citadine, multilingue, cosmopolite.

Un prénom scandinave. Un nom à consonance allemande. Une identité flamande – il était de la Volksunie avant de rejoindre le VLD. Un ancrage bruxellois – il est né à Molenbeek et vit à Jette. Sven Gatz se définit comme un « bastaard », « le plus beau titre de gueux que je puisse imaginer ».

Plume à la main, le chef de groupe VLD au Parlement flamand se fait le chantre de la mixité dans un ouvrage où l’anamnèse ramène à la politique, où le vécu sert de terreau à la réflexion sur l’avenir de Bruxelles, « la ville où le mélange, la mixité, la “non-pureté” sont devenus la norme ». Une capitale qui « a mué de ville blanche homogène avec deux langues, en ville multicolore du monde au sein de laquelle les langues s’amoncellent ».

Même s’il est polyglotte, même s’il préfère être qualifié de « flappie » que de « flamin », même si sa mère était d’origine francophone, l’idiome d’élection de Sven Gatz est évidemment le néerlandais, imposé à la maison familiale par le paternel venu de Grammont. « Mon père savait à quel point les processus subtils de francisation avaient joliment vécu dans la capitale et il s’en méfiait comme de la peste. »

Sur le plan politique, les positions de Sven Gatz sont dans le droit fil de la doctrine VLD, mâtinée d’exception culturelle bruxelloise, à la façon d’un Guy Vanhengel : si un refinancement est sans doute nécessaire, Bruxelles doit revoir le champ des compétences entre la Région et les communes ; s’il faut tisser des liens avec l’hinterland économique, c’est la formule de la communauté urbaine qui doit être retenue. Etc. Etc.

Car enfin, Sven Gatz fait bien la distinction entre Bruxelles et sa périphérie, jusque dans ses sorties à vélo : « J’aime Bruxelles comme une femme aux courbes éprouvées, mais ma maîtresse c’est le Pajottenland, qui me fait exulter durant quelques moments choisis pendant le week-end ». Une envolée lyrique qui n’étonnera pas dans la bouche d’un homme qui confesse avoir été dans sa jeunesse « un punk doux, un ado avec des opinions et une foi dans un monde meilleur ». Flamand ou Bruxellois, Sven Gatz ? « La seule réponse est évidemment : les deux ! »

« Le bastaard bruxellois »Sven Gatz 192 pages Editions Luc Pire

« Le bastaard

bruxellois »

Sven Gatz

192 pages

Editions Luc Pire

Pas de résultats.