Bern Wery, les paradis perdus du peintre
GILLEMON,DANIELE
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Mercredi 8 octobre 2008
En mettant le dessin au premier plan et en marquant la distance de sa curieuse façon de construire/déconstruire la forme, il affirme sa situation de peintre contemporain. De même les prédelles qui occupent partie ou totalité de l’image comme des pièces rapportées commentant le sujet principal, enlèvent ces œuvres à l’Histoire, donc au temps et aux éventuelles critiques qu’on réserve à ceux qui peignent « à la manière de ».
Le jeu d’avant en arrière – de près, les formes se diluent, de loin, elles se recomposent – est une autre façon de jouer avec la peinture tout en préservant ses imprenables atouts plastiques et poétiques. D’un trait d’encre noir, Wery livre un canevas, échafaude une scène, trousse des figures et des éléments de paysages marqués au sceau du sacré, de l’histoire, de la mythologie.
Tout un programme évocateur des tableaux de Poussin, de Delacroix, de maîtres plus anciens qui vivent au loin dans cette peinture. Les images crépitent de petits ou de grands évènements. Loin d’être académiques, elles s’allument de couleurs pures et vives, stimulent l’œil qui part à la chasse, se saisit d’un morceau, charbon coloré, puis l’abandonne au profit d’un autre. Parfois Wery renonce à cette multitude, à cette compartimentation au profit d’une figuration plus ciblée et à plus grande échelle, et c’est bien moins heureux.
