Rendez-vous au Dôme
LEGRAND,DOMINIQUE
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Mercredi 8 octobre 2008
Exposition Des artistes allemands « Entre Paris et Munich »
A l’Académie des beaux-arts de Munich, mais aussi à Berlin, des artistes comme Max Liebermann, Lovis Corinth et Max Slevogt donnent le signe. Il faut une nouvelle impulsion. Direction Paris, capitale des arts ! C’est là que l’art moderne se crée, que de nouvelles expérimentations bouillonnent dans les ateliers de Montparnasse. C’est aussi en berges de Seine que trônent les grands marchands…
Paris attire mais n’accueille pas forcément à long terme. Un groupe de peintres allemands, amoureux de Paris, y séjourne, reprenant à leur compte une phrase de Cézanne : « Avec une pomme, je veux étonner Paris ! » C’est un rite de passage, un carrefour initiatique.
Leur point de ralliement sera la brasserie Le Dôme, l’institution parisienne en lutte avec La Rotonde, bastion du cubisme. L’exposition Entre Munich et Paris se penche, non sur les débats éthyliques et les querelles de comptoir, mais sur leurs créations. Une belle soixantaine de tableaux des collections du musée de Mayence démontre comment ces artistes vont créer un style propre où le bretzel fait plus que remplacer le pain dans une nature morte, se jouant des influences et des diktats, dans le sillage des néo-impressionnistes et des fauves.
Ils se nomment Purrmann, Moll, Bondy, Pascin, Levy, Gebürsch, Jené, Strecker. La forme et l’expressionnisme jaillissent des natures mortes aux compositions matissiennes, paysages cernés du violet des fauves, portraits et corps érotisés. Les nazis les taxeront au registre des artistes dégénérés, au même titre que Chagall, Nolde ou Otto Dix…
Après 1920, la grande vague d’immigration a déjà eu lieu : Picasso, Modigliani, Chagall, Soutien sont installés. Ces flux d’artistes étrangers vont se tarir dans les années 30, dans un contexte de montée des nationalismes.
