Une éolienne communale ?

n.c.

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Jeudi 9 octobre 2008

Villers-le-Bouillet Les autorités comptent produire de l’énergie

Acheter une éolienne et l’exploiter. C’est le projet que mène la commune, en partenariat avec la SPE.

Une éolienne de plus, le long de l’autoroute, à hauteur de Villers-le-Bouillet ? Une de plus ou une de moins, diront certains… Sauf que celle-ci est différente : elle a pour vocation d’être communale et citoyenne. Un gros projet pour l’entité, dont se vante la majorité PS-Ecolo : « Sous la forme qu’on propose, c’est une première en Belgique, annonce l’échevin de l’environnement Jean-François Ravone (Ecolo). C’est la première fois qu’une commune achète une éolienne et l’exploite. Avec une participation des citoyens. » Si le projet est sur les rails, rien n’est encore joué. Le conseil communal a donné son feu vert mercredi. Mais il s’agit d’un partenariat public-privé, et la SPE, producteur d’électricité belge, doit encore l’approuver en interne.

L’idée est née début 2007. La SPE souhaitait agrandir son parc existant en élevant quatre mâts de l’autre côté de l’E42, à cheval sur Villers et Verlaine. Au même moment, la commune a contacté la société pour renégocier la convention financière qui les lie. Les deux parties n’ont pas trouvé d’accord. Mais en compensation, la SPE a proposé à Villers de prendre en charge une cinquième éolienne. Après 18 mois de travail, le permis d’urbanisme vient d’être accordé, fin septembre. La commune doit rencontrer la SPE le 15 octobre pour finaliser l’accord. Si tout se passe bien, l’éolienne devrait être commandée le 22 novembre, et montée entre février et mai 2009. Elle devrait donc être opérationnelle entre avril et juin, en même temps que ses quatre jumelles. Avec son mât de 78 mètres de haut, elle atteindra 122 mètres, pales comprises. Elle devrait produire deux mégawatts, la quantité d’énergie annuelle nécessaire à 1.200 ménages. Soit plus de la moitié des habitants villersois.

Autofinancement

Le budget : 3 millions d’euros. Et d’après des calculs prudents, l’investissement devrait être rentabilisé dans les dix ans. Mais quoi qu’il en soit, la commune ne se mouillera pas seule. Villers va créer une société coopérative, probablement à finalité sociale, « Energie citoyenne SCRL », dans laquelle les citoyens vont pouvoir participer, en acquérant maximum 20 % des parts. D’autres actionnaires sont attendus, comme le Fonds fédéral d’économie sociale et durable.

Mais pas question de payer cent pour cent de l’investissement. L’énergie produite sera revendue au réseau, l’éolienne va donc s’autofinancer. Les actionnaires devront juste prendre le capital de base de la société en charge, soit 300.000 euros, dont le quart sera financé par la commune. Comme dans tout investissement, ils toucheront un pourcentage de leur investissement, une fois la rentabilité atteinte. Autre avantage, indirect, cette fois : lorsque l’éolienne générera des bénéfices, la commune pourrait diminuer les taxes. « Produire cette énergie, ce sera une bulle d’air dans le budget communal, à partir de 2012, précise l’échevin. Peut-être avant, si les rendements sont très positifs. » Mais est-ce le rôle d’une commune, d’investir l’argent public dans un tel projet ? « S’il permet de rapporter de l’argent en faisant autre chose que des taxes, oui. D’autant que l’argent retourne à la collectivité. On doit prendre en main nos ressources et en bénéficier. Le risque est très limité… La meilleure preuve, c’est que la SPE va y développer son parc. »

Pas de résultats.