Le champagne fait connaissance avec la crise

n.c.

Jeudi 9 octobre 2008

Le champagne commence à connaître les effets de la crise avec une diminution des ventes prévue de près de 3 % cette année après des périodes record, mais la profession compte sur ses succès dans les pays émergents pour limiter les dégâts.

Depuis le début de la décennie, la filière champagne s’était habituée à surfer sur un succès époustouflant, seulement bridé par un manque relatif de raisin. 2007 avait connu un nouveau record avec 338,7 millions de bouteilles vendues.

Les chiffres des huit premiers mois de l’année sont moins réjouissants, avec une baisse de 2,6 % des expéditions totales, et moins 4,2 % sur le marché français, qui représente plus de la moitié des ventes.

Et aux Etats-Unis, deuxième marché mondial, les ventes piquent du nez avec une diminution de 22 % pour les six premiers mois de l’année, après déjà un repli de 6,2 % en 2007.

Outre l’effet de la baisse du dollar, ressenti l’an dernier, on invoque désormais la crise économique.

« Le consommateur de champagne a besoin d’être bien dans sa tête et la conjoncture actuelle est décidément moins propice », fait remarquer Daniel Lorson, porte-parole du Comité interprofessionnel des vins de champagne (CIVC), même s’il affirme que son produit peut connaître des succès ponctuels comme « remède anti-morosité ».

Selon les chiffres du CIVC, la France avait bien résisté jusqu’à la fin du premier trimestre mais elle s’oriente désormais clairement à la baisse, sauf offres promotionnelles de fin d’année de la grande distribution.

« Si la crise se prolonge, la profession ne pourra pas ne pas en souffrir (…) mais il n’y aura sans doute pas de quoi sortir les mouchoirs », affirme encore M. Lorson.

Il souligne qu’il y aura des « situations contrastées dans lequelles les belles marques ayant su investir à l’exportation garderont leurs positions ».

Les marchés émergents prennent ainsi le relais de ceux des pays occidentaux touchés par la crise, avec des progressions à deux chiffres, même s’ils partent d’un niveau assez bas.

C’est le cas de la Russie, qui continue sur un rythme de progression de 35 % après un doublement en trois ans, et retrouve la place de client de choix qu’elle occupait il y a un siècle. La Chine poursuit sa progression de 10 % cette année, après 30 % l’an dernier.

Les pays nordiques ainsi que d’Europe orientale connaissent également de fortes progressions, tout comme les pays pétroliers.

Traditionnellement, la filière s’est toujours organisée pour garder un haut niveau de qualité au produit, tout en limitant sa quantité avec la maîtrise des droits de plantation.

L’appellation réservée à 319 communes du nord-est, Marne, Aube, Aisne et Haute-Marne (33.500 hectares), devrait être prochainement élargie à une quarantaine d’autres, sans déséquilibrer le marché.

Cette organisation est louée par le viticulteur Rémy Gratiot, qui a inauguré cette année les vendanges du champagne sur son domaine de Charly-sur-Marne (Aisne). Il affirme « ne pas connaître la crise », alors qu’il commercialise directement sous sa marque 70 % de sa production.

Justement, il ne vend pas aux Etats-Unis mais en Russie, Chine, Amérique latine et Afrique, où les clients fortunés ne sont pas spécialement regardants sur les prix.

« On passera la crise, pas forcément sans problème, mais on la passera », affirme-t-il.

(d’après AFP)

Pas de résultats.