La scission du football bientôt réelle ?

BERTI,CHRISTOPHE; DONNAY,JEAN-LOUIS

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Jeudi 9 octobre 2008

Union belge 50 millions promis pour les stades

Le comité exécutif de la Fédération se penchera sur le dossier ce jeudi. Sous la pression de Bert Anciaux.

Dire que le dossier est neuf serait un gros mensonge, car il est sur la table depuis près d’un an et dans les esprits depuis des lustres. Dire qu’il est chaud est nettement plus correct.

En effet, ce jeudi après-midi, le Comité exécutif de l’Union belge – soit la plus haute instance de la Fédération – ouvrira le débat de la scission du football en Belgique. Et, très probablement, il faudra s’en faire une raison : plus rien ne sera jamais comme avant, dès la saison prochaine, au sein de notre football.

En fait, alors que l’idée fait son chemin depuis longtemps, c’est quasi en urgence que les pontes de la « Fédé » vont devoir se décider au sujet d’un thème fondamental pour l’avenir. En cause, une espèce de « chantage » du ministre flamand des Sports, Bert Anciaux (Spirit), qui veut que l’Union belge prenne une décision avant samedi. C’est la date limite qu’il a fixée pour… l’octroi de subsides et de prêts aux clubs flamands en matière d’infrastructures et de formations pour les jeunes. Il promet notamment… une cinquantaine de millions d’euros pour la construction de nouveaux stades, ce qui a évidemment fait réfléchir les représentants du football professionnel.

Et ceux-ci, réunis lundi au sien de la Ligue professionnelle, ont adopté, via les représentants néerlandophones de la D1 et contre l’avis du Standard et des clubs francophones – Anderlecht s’étant abstenu ! – le principe de la scission administrative de l’Union belge en deux ASBL. Le FC Bruges de Michel D’Hooghe s’est montré le plus ardent partisan de cette révolution sur laquelle sera appelé à se prononcer ce jeudi le Comité exécutif.

Les clubs flamands étant largement majoritaires, l’issue du vote ne laisse planer aucun doute : d’ici à la fin de l’année, il y aura bel et bien deux ASBL placées sous la coupole fédérale et qui recevront des subsides de fonctionnement, soit 2,5 millions par an côté flamand et sans doute 1,2 ou 1,5 million chez les francophones. On parle ici de scission au niveau amateur, pas professionnel.

Seule consolation : les championnats de nationales 1, 2, 3 et 4 resteront unitaires. Jusqu’à nouvel ordre.

Côté francophone, on n’est pas contre la scission d’une manière idéologique, mais on regrette les conditions actuelles du débat.

« On ne doit pas décider une chose aussi importante dans l’urgence, explique David Delferière, vice-président de la Fédé. Il faut penser aux 150 employés de l’Union belge, aux 200.000 clubs et aux quasi-500.000 affiliés. J’espère qu’il n’y aura pas de vote, mais la création d’une petite commission pour étudier toutes les conséquences du dossier. »

Notamment au niveau bruxellois, où les clubs, comme Anderlecht, devraient se « positionner au niveau linguistique » pour recevoir des subsides. Le football belge sera-t-il meilleur parce qu’il sera scindé ? C’est la belle question que le comité exécutif se posera ce jeudi après-midi.

Pas de résultats.