Vers la scission de l’Union belge de football ?

BERTI,CHRISTOPHE

Vendredi 10 octobre 2008

Union belge Le personnel a manifesté avant la réunion

Le comité exécutif de la Fédération a décidé de demander une étude extérieure avant de prendre une décision.

L’Union belge n’avait pas (encore) rendez-vous avec l’histoire, jeudi après-midi. La Fédération, en effet, n’a pas décidé la scission tant voulue par le ministre des Sports flamand, Bert Anciaux (Spirit) mais le comité exécutif – le gouvernement du football belge– a voulu prendre le temps d’étudier toutes les conséquences de l’opération avant de se prononcer.

Et donc, un budget a été dégagé pour commander une étude externe afin de mesurer exactement les tenants et les aboutissants du dossier. Une manière élégante, pour les pontes de la Fédération, de ne pas donner l’impression de céder au chantage du monde politique flamand tout en ne fermant pas la porte (bien au contraire) à la scission.

« J’avais dit qu’un tel dossier ne devait pas être clôturé dans l’urgence, explique David Delferière, vice-président de l’Union belge et l’un des hommes forts côté francophone. Et dans ce sens, je suis content : on a agi en hommes sages et unis. Une grande majorité s’est dégagée pour commander cette étude et se revoir fin novembre pour les conclusions. »

Au niveau de l’image, pour une fois, l’Union belge a agi dans le bon sens. Mais sur le fond du dossier, l’issue fait peu de doute : on va vers la scission du foot amateur qui permettra aux Flamands de toucher des subsides pour la formation et les infrastructures.

D’ailleurs, les deux ASBL (une francophone et une flamande) nécessaires, techniquement, pour la scission et l’obtention de ces subsides, vont déjà être créées, afin qu’elles soient opérationnelles au plus vite si l’Union belge, début décembre, décide officiellement la scission.

« Nous avons voulu prendre notre temps, confirme de son côté le président fédéral, François De Keersmaecker, qui a lu un communiqué à la presse sans répondre, ensuite, aux questions des journalistes. Il n’y aura pas qu’une seule étude, mais plusieurs, pour évaluer les aspects financiers, juridiques et sociaux d’une éventuelle scission. On pourra alors prendre une décision sereinement », a-t-il expliqué.

Jeudi, la discussion (qui a duré trois heures) a été sereine mais franche, au comité exécutif, avec une trentaine de questions sur le sujet et une réelle inquiétude, évidemment, du côté bruxellois, où les clubs ont peur d’être les dindons de la farce.

D’ailleurs, ceux-ci, soutenu par le monde politique régional de la capitale, se sont réunis en soirée pour évoquer le sujet et définir une position commune. On sait à quel point Anderlecht, par exemple, est coincé aux entournures, entre sa volonté de ne pas se « positionner linguistiquement » et sa crainte de voir des subsides importants lui échapper.

Par ailleurs, avant la réunion du comité exécutif, le personnel de la Fédération a tenu à exprimer son inquiétude sur un projet qui aura forcément de l’influence sur son avenir. Les employés de la Fédé ont distribué des tracts et ont montré qu’ils étaient très attentifs à la suite du débat.

Un débat, il ne faut pas se leurrer, qui tournera surtout autour d’une question de gros sous. Les clubs veulent avoir la certitude que l’argent promis par le politique sera une manne durable et ne désirent pas un effet d’annonce sans suite.

Et la Fédération veut aussi être sûre que les subsides promis rapporteront plus que les coûts administratifs supplémentaires engendrés par la scission.

Bref, l’assurance que ce « splitsing » n’est pas une fausse bonne idée financière, indépendamment de son côté hautement symbolique au niveau politique.

Rendez-vous début décembre.

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