1.700 camions supplémentaires

SCHARES,LUC

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Vendredi 10 octobre 2008

Profondeville Interpellation ce soir au conseil communal

Des milliers de tonnes de calcaire de la carrière de Lustin risquent de ne plus être transportées par le train.

Ce 10 octobre en soirée, au conseil communal, Emily Hoyos (Ecolo) interpellera le collège sur la décision d’Infrabel quant au transport de la production de grès de la carrière de Lustin. En fait, la conseillère a été alertée par un procès-verbal d’une réunion du comité d’accompagnement de la carrière qui, elle, remonte au 14 avril. C’est au printemps que le comité a appris, de la bouche de la direction de la société Gralex qui exploite le site, que les heures du transport par le chemin de fer étaient comptées.

Infrabel est donc cette société qui gère l’infrastructure ferroviaire belge. Elle fait partie du groupe SNCB Holding et assure l’entretien du réseau mais aussi, par exemple, des gares. Sa politique veut conduire à articuler le trafic national autour de sept bases. Dans notre province, la base sera celle de Ronet, en territoire namurois, aux confins de Salzinnes et Flawinne à proximité de la Sambre. Sur les 250.000 tonnes de granulats produites chaque année par la carrière de Lustin, Infrabel en acquiert cinquante à septante mille pour son compte. Jusqu’ici, cette part était transportée par train jusqu’à Ronet. Pour Gralex, cette modalité est à la fois pratique et peu chère. Pour les riverains, les nuisances sont limitées. Sans oublier que l’empreinte écologique y gagne.

Pour une question de rentabilité, Infrabel impose à Gralex de disposer d’une possibilité d’accueil d’un train de vingt wagons, pour bénéficier d’un raccordement direct au rail. C’est là que le bât blesse.

A hauteur de la carrière, il existe une déviation avec un bout de voie qui n’est utilisé que par le carrier. Une desserte en quelque sorte, qui accepte des trains d’une quinzaine de wagons. Le site ne permet pas d’envisager une extension de cette voie. D’un autre côté, un train trop grand sur la desserte actuelle risquerait de gêner le trafic le long de la ligne entre Namur et Dinant. Bref, ça coince. Il faut donc un autre moyen de transport pour amener la matière première de Lustin à la plateforme multimodale de Ronet, où elle pourra enfin prendre le train.

La piste routière

Sans que ce soit de gaieté de cœur, Gralex se tourne donc vers la piste routière. Un spécialiste du fret ferroviaire a bien été consulté (B-Cargo), mais s’avère trop coûteux. Un accord semble se dessiner entre le carrier et son transporteur routier habituel. A la grosse louche, cela fera plus de mille sept cents camions supplémentaires sur les routes l’an prochain. De Lustin à Salzinnes, il n’y a que deux itinéraires possibles. Soit par le centre de Namur, soit par Profondeville et Bois-de-Villers avant de redescendre sur Floreffe. Dans un cas comme dans l’autre, c’est un surcroît de trafic non négligeable.

Et la voie fluviale ? Ce serait bien. Mais d’une part, comme l’on sait, le projet de quai de chargement de Lustin n’est pas encore réalisé. D’autre part, il n’y a pas de quai à Ronet, bien que le site soit tout proche de la Sambre. Et même si ces deux quais existaient, il faudrait encore évaluer le coût de l’acheminement par bateau pour un minerai de faible valeur. Quoi qu’il en soit, la marge de manœuvre des élus locaux s’annonce bien réduite pour infléchir ce genre de décision.

Pas de résultats.