Kohl, le 3e du Tour de France, était dopé
n.c.
Lundi 13 octobre 2008
Le coureur autrichien Bernhard Kohl, meilleur grimpeur du Tour de France et troisième du classement final, a été contrôlé positif à l'EPO Cera par l'Agence française de lutte contre le dopage. C’est le quatrième coureur déclaré positif dans les tests rétroactifs.
Geert Coeman, manager général de l’équipe cycliste belge Silence, a estimé que le contrat de trois ans que l’Autrichien Bernhard Kohl venait de signer avec sa formation serait « caduc » si son contrôle antidopage positif était confirmé, rapporte lundi soir l’agence APA. « Nous n’avons pas pu encore parler avec Bernhard. Mais si le test se confirme, nous prendrons les mesures nécessaires. Son contrat chez nous serait caduc », a déclaré M. Coeman joint par l’agence autrichienne APA.
Le directeur sportif de Silence, Marc Sergeant, a lui déclaré « avoir reçu une grosse claque ». « Nous avons dépensé beaucoup d’énergie et de temps pour faire venir ce que nous pensions être un gros renfort. Je me sens trahi », a déclaré Sergeant à la télévision publique belge Sporza.
Le rêve n’a duré que trois mois pour Bernhard Kohl, le premier Autrichien à monter sur le podium du Tour de France pour sa troisième place et le maillot à pois du meilleur grimpeur avant d’être invité à en redescendre pour dopage.
A 26 ans, ce quasi-inconnu, qui disputait pour la deuxième fois la Grande Boucle, était seulement répertorié par les spécialistes qui se souvenaient de son accessit (3e) dans le Dauphiné 2006.
Pendant le Tour, l’Autrichien partageait la chambre de Stefan Schumacher, l’Allemand lui aussi déclaré positif à l’EPO par la deuxième série d’analyses faites a posteriori. Tous deux couraient pour l’équipe Gerolsteiner, appelée à disparaître prochainement, avant de signer en faveur d’équipes belges, Quick Step pour Schumacher, Silence pour Kohl, des contrats qui devraient être cassés illico.
Grimpeur au format limité mais trapu (1,72 m pour 71 kg), procédant par saccades suivant sa démonstration dans la montée finale de Prato Nevoso en Italie, Kohl s’était dépouillé pour rivaliser avec les meilleurs. Jusqu’à être proche du malaise à l’Alpe d’Huez et au contre-la-montre de Saint-Amand-Montrond, où il avait contre toute attente sauvé à la veille de l’arrivée sa troisième place au classement général malgré d’évidentes limites de rouleur.
Son résultat dans le contre-la-montre avait surpris l’Australien Cadel Evans, qui ne l’avait devancé que de 14 secondes après 53 kilomètres : « J’ai vraiment été surpris quand on m’a communiqué le premier intermédiaire de Kohl. Je pensais bien faire, j’étais sonné ! » Dans la dernière semaine, retransmise en direct par la télévision publique autrichienne (ORF) qui ne diffusait auparavant que les principales étapes, l’Autriche s’était intéressée à ce coureur surpassant de loin les performances de ses prédécesseurs, Peter Luttenberger (5e en 1996) et Georg Totschnig (vainqueur d’une étape pyrénéenne en 2005).
Il fallait remonter à plus d’un demi-siècle, à Adolf Christian, troisième du Tour 1957, pour trouver trace d’une pareille réussite.
Le pays du ski avait ainsi découvert l’histoire de ce ramoneur de profession qui avait commencé sa carrière dans une modeste équipe autrichienne (Elk Haus) avant d’être recruté dans l’équipe espoirs de Rabobank. Il avait ensuite rejoint l’Allemagne, T-Mobile d’abord puis Gerolsteiner.
Curieusement, sa troisième place du Dauphiné, révélatrice d’un niveau élevé de performance en montagne, était restée sans lendemain (31e du Tour de France 2007).
Avant qu’il se mette à briller soudainement dans le Tour de France, sans explication véritable… sur le moment.
Kohl est le quatrième coureur déclaré positif dans les tests rétroactifs auxquels a fait procéder l’Agence française, plus de deux mois après l’arrivée du Tour. Les Italiens Riccardo Ricco, lequel avait déjà été contrôlé positif en juillet, et Leonardo Piepoli, l’Allemand Stefan Schumacher, ont précédé Kohl sur la liste.
(AFP)
