De Morellet à Venet : l’héritage des années 70

GILLEMON,DANIELE

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Jeudi 16 octobre 2008

Exposition « Ruptures et héritage » aux Musées royaux des Beaux-Arts

La présidence française de l’Union européenne fournit l’occasion de revisiter l’œuvre de plasticiens français dont la démarche est familière à la scène belge.

L’exposition « Ruptures et Héritage » fait en effet écho à l’expo d’Europalia organisée à Bruxelles en 1975. Elle consacrait Buren, Viallat, Le Gac comme artistes émergents, souvent radicaux, parmi d’autres engagés dans des options divergentes.

Sont encore retenus ici, à titre de préambule, ceux qui, entre minimalisme et spatialisme n’ont pas dérogé au credo initial et sont restés très visibles. Ainsi de Daniel Buren et de François Morellet qui, parti de la géométrie, a conçu une écriture spatiale lumineuse, exigeante et pleine de grâce.

On est frappé, sur le premier plateau de l’exposition, par la dimension zen et ultraesthétique, voire décorative, de l’ensemble. Ici, tout est ordre et beauté, se répond dans une cohérence étroite et subtile.

Si Toroni, Viallat et Cadere doivent aux autres de ne pas rentrer complètement dans les murs à force de sérialité atone, Bernar Venet, qui appartient à la génération suivante, s’inscrit avec pertinence dans ce bel ensemble et cette forme d’art qui – Morellet en tête – a gardé tout son crédit.

Au deuxième niveau, la cohérence n’est plus de mise, vive la différence ! Les pièces exposées sont celles de francs tireurs comme Jean Le Gac ou Annette Messager, les Poirier restés légitimement au devant de la scène quand l’installation de Sarkis, les propositions de Robert Filliou ont, elles, plutôt mal vieilli.

Curieusement ce niveau forme le cœur de l’exposition alors qu’il fait figure par rapport à l’introduction de pièce rapportée.

Musées Royaux des Beaux-Arts, 3 rue de la Régence à 1000 Bruxelles, jusqu’au 18 janvier, sauf lundis. Infos : www.fine-arts-museum.be, 02-508.32.11.

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