Aernoudt : On attend le programme

BOUILLON,PIERRE

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Lundi 20 octobre 2008

Rudy Aernoudt va créer un nouveau parti en Wallonie. Est-ce que ça va marcher ? Cet économiste (et philosophe) flamand connaît bien le Sud. Avant de diriger le cabinet de la ministre flamande Fientje Moerman (dont il a dénoncé les pratiques douteuses, ce qui a entraîné la démission de la ministre), Aernoudt a dirigé le cabinet de Serge Kubla quand il était ministre régional de l’Economie. Brillant, intervenant régulier dans les débats, libéral décomplexé, Aernoudt présente un profil globalement sympathique, susceptible de séduire une frange de l’opinion. C’est un homme courageux. Son franc-parler lui a valu de sérieux démêlés avec l’exécutif flamand (il s’est fait jeter de l’administration, tout bonnement). Bon. Mais à part ça ?

A part ça, rien – pour l’heure en tout cas. Aernoudt dit pouvoir redresser la Wallonie en 15 ans. Quand on saura mieux comment il compte agir, on en reparlera.

Pour l’heure, quand il évoque le cahier des charges de son (futur) parti wallon, il enfourche ses dadas – en fustigeant le clientélisme sévissant au Sud, une fonction publique hypertrophiée et une Région où un citoyen sur deux est « salarié » par l’Etat – soit qu’il est fonctionnaire, soit qu’il est chômeur.

Voilà des procès – connus.

On jugera Aernoudt quand il dévoilera un programme.

On ne regrettera pas, a priori, qu’un tel homme se mêle du « débat wallon ». On espère qu’il l’irriguera d’idées fortes et crédibles - les slogans, ça va bien.

Un regret, quand même. Si Aernoudt s’installe en Wallonie pour y dénoncer le fléau du clientélisme, qu’il apprenne que l’opposition Ecolo-MR s’y emploie quasi quotidiennement et qu’il ne nous apprendra rien en la matière. Si son rêve est de faire en sorte que les Wallons vivent aux crochets d’un employeur plutôt que de l’Etat, qu’il apprenne que l’on s’y emploie aussi – perfectible ou non (et il l’est sans nul doute), le plan Marshall a cette vocation. Notre regret ? On y vient. Attaché à l’unité du pays, Aernoudt défend un Etat fédéral fort. Venant d’un Flamand, le fait est singulier. Si singulier qu’il est dommage qu’un tel prophète n’ait pas choisi d’évangéliser la Flandre plutôt que de mener campagne en Wallonie où il ne croisera que des convertis.

Pas de résultats.