Abou Jahjah acquitté par la cour d'appel
n.c.
Lundi 20 octobre 2008
La cour d'appel d'Anvers a acquitté Dyab Abou Jahjah et Ahmed Azzuz, de la Ligue arabe européenne (LAE), estimant que les preuves n’étaient pas suffisantes sur leur responsabilité dans les heurts qui se sont déroulés près d’Anvers en 2002, après le meurtre de Mohamed Achrak.
En première instance, les deux hommes avaient été condamnés à un an de prison.
Le 26 novembre 2002, Mohamed Achrak (27 ans) a été abattu par son voisin de 66 ans qui souffrait de graves problèmes psychologiques. L'homme avait été immédiatement interpellé et interné par la suite. Peu après, des rumeurs avaient circulé sur le fait qu'il s'agissait d'un assassinat raciste. Des jeunes du quartier sont alors descendus dans la rue pour exprimer leur mécontentement et des bagarres ont éclaté par endroits.
La venue d'Abou Jahjah avait excité la foule. Un agent de police qui comprends l'arabe, l'avait entendu crier: "Ne vous laissez pas faire par la police, il n'y a qu'un seul Dieu, Allah. Restez ensemble, ensemble nous sommes forts face à la police. Ils sont la cause de la mort de notre frère, battez-vous! " La défense d'Abou Jahjah a mis en doute la crédibilité du policier.
Selon un collègue, qui a préféré rester anonyme, il ne s'est pas trouvé à proximité d'Abou Jahjah et on a fait pression sur lui par la suite pour qu'il fasse une fausse déclaration.
La cour a cependant renvoyé aux déclaration du chef de corps de l'époque, Luc Lamine, qui sur place avait déjà entendu un agent dire qu'Abou Jahjah utilisait un langage subversif. Les avocats ont estimé que les déclarations de l'agent étaient crédibles.
La cour a estimé qu'il était prouvé que les paroles d'Abou Jahjah avait conduit les jeunes à s'opposer à la police. Cependant, Abou Jahjah n'avait pas été poursuivi pour incitation à la rébellion mais bien pour avoir provoqué les destructions de véhicules, de fenêtres et d'habitations. La cour a estimé qu'il n'avait pas incité à ces faits et l'a donc acquitté. La même chose vaut pour Ahmed Azzuz.
Abou Jahjah a également été acquitté pour outrage, diffamations et menaces envers Luc Lamine. Durant le traitement de cette affaire, celui-ci avait même déclaré qu'il n'avait jamais eu l'impression que c'était l'objectif.
Abou Jahjah a exprimé des sentiments mitigés à l'annonce de son acquittement. "Durant six ans, nos militants ont été présentés comme des criminels. Maintenant, il s'avère qu'il n'y avait rien, un simple "désolé" ne suffira pas. Je veux des réparations", a-t-il déclaré.
Il envisage de porter plainte contre l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, son conseiller en sécurité de l'époque Bryce De Ruyver et l'ancienne bourgmestre d'Anvers Leona Detiège. "Ils ont commis des faits punissables en déclarant que nous sommes une organisation criminelle".
En raison de leur acquittement, Abou Jahjah et Azzuz ne devront plus payer de dédommagement à l'assureur Ethias, qui s'était constitué partie civile. En première instance, les deux hommes avaient été condamnés à payer 5.109 euros.
(D’après Belga)
