Une autre urgence à goma
BRAECKMAN,COLETTE
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Mardi 28 octobre 2008
On en est loin : en décembre 2007, la défaite gouvernementale à Mushake devant les forces de Nkunda a été due, en partie, au fait que le contingent indien de la Monuc avait fait défection en dernière minute. Et cette année, alors que la province est ruinée, que 1.200.000 déplacés ont tout perdu et que le conflit pourrait s’internationaliser, les observateurs onusiens sont incapables de distinguer entre les belligérants, incapables de surveiller la frontière rwandaise pour y déceler d’éventuelles incursions, incapables d’empêcher la reprise du camp de Rumangabo !
A quoi sert cette mission qui absorbe un milliard de dollars par an ? Deux bataillons supplémentaires amélioreront-ils quelque chose ? Ne faudrait-il pas imaginer, d’urgence, un relais à la Monuc, une force européenne de dissuasion, ou, au minimum, une force de police composée d’observateurs neutres et crédibles ? En ces temps de mensonge ou d’hypocrisie, la vérité ferait plus d’effet que de nouveaux contingents… Les Américains sont en ce moment aux abonnés absents, et d’aucuns en profitent pour faire monter les enchères. Et les Européens, et les Belges ? Le sauvetage du système bancaire n’est pas la seule urgence du moment.
