Taxe sur les billets d’avion : un million de passagers en moins
n.c.
Jeudi 6 novembre 2008
Si le gouvernement fédéral maintient sa décision d'imposer une taxe sur les billets d'avion, les aéroports belges devraient se passer de 840.000 passagers au départ, selon une analyse interne du secteur aéronautique.
L’analyse est détaillée jeudi dans Het Nieuwsblad. Selon les calculs des autorités wallonnes, quelque 3.350 emplois sont directement ou indirectement liés à l’aéroport de Charleroi (BSCA). Or la compagnie à bas prix Ryanair a déjà fait savoir que si une taxe supplémentaire était imposée, elle quitterait le site carolo. D’après l’administrateur-délégué du BSCA, Marcel Buelens, interrogé par La Nouvelle Gazette, la compagnie irlandaise pourrait notamment être tentée de se déplacer vers Lille. Le patron de l’aéroport rappelle que Ryanair « n’avait pas hésité une seconde à plier bagages aux Pays-Bas lorsque ce pays avait appliqué une taxe similaire ».
Le gouvernement fédéral espère quelque 132 millions d’euros de rentrées en imposant une taxe allant de 5 à 50 euros sur les billets d’avion.
Le secteur de l’aéronautique estime que si les entreprises actives dans les domaines du voyage et de l’aéronautique sont contraintes à licencier des gens, cela coûtera aux autorités en impôts sur le revenu et la taxe prévue partira alors complètement en fumée. Le secteur a ainsi calculé que la taxe coûterait 143 millions d’euros, soit environ 10 de plus que ce qu’elle était censée rapporter à l’Etat.
Au fédéral, le premier ministre, le ministre des Finances et le secrétaire d’Etat au Budget semblent « tenir mordicus » à l’application de cette taxe, selon La Libre Belgique.
De son côté la ministre de l’Emploi, Joëlle Milquet, interrogée par Bel-RTL, reconnaît que si le principe de la taxe est sain, l’argument des pertes d’emploi avancé par les Région était un argument que le fédéral « devait entendre ». « L’objectif de la réunion que nous avons vendredi matin est de trouver des mesures alternatives qui aurait le même objectif budgétaire car si on peut y arriver par un autre moyen, il ne faut pas être fétichiste sur les moyens », a indiqué la ministre.
(Belga)
