Wall Street s’enfonce

n.c.

Jeudi 20 novembre 2008

La Bourse de New York a fini sur un plongeon, emportée par la dégradation de l’économie américaine et l’absence de réponse politique à la crise de l’automobile : le Dow Jones a perdu 5,56 % et le Nasdaq 5,07 %. Les Bourses européennes sont restées dans le rouge.

« C’est très dangereux, le marché teste ses planchers », a jugé Lindsey Piegza, stratégiste chez FTN Financial.

Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a lâché 444,99 points, pour tomber à 7.552,29 points. Le principal indice de Wall Street avait fini mercredi sous les 8.000 points pour la première fois depuis le 31 mars 2003.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a reculé de 70,30 points, à 1.316,12 points. L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a chuté de 6,71 % (54,14 points), à 752,44 points. Il n’avait plus clôturé à ce niveau depuis avril 1997.

Devant cette déroute du marché actions les investisseurs se sont rués vers le marché obligataire, jugé plus sûr, qui a atteint des sommets. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans, qui évolue dans le sens inverse du prix des obligations, a plongé à 3,144 %, contre 3,391 % mercredi soir, un niveau inédit dans les annales de la Réserve fédérale, tenues depuis 1962. Le rendement de l’obligation à 30 ans est tombé à 3,699 %, contre 3,972 % la veille, un niveau plus vu depuis 1977.

« On ne reçoit que des indicateurs économiques calamiteux », a relevé Mme Piegza. « Plus vite on aura touché le fond, plus vite l’économie pourra redémarrer, mais la question, c’est quand touchera-t-on le fond ? Le nombre des nouveaux chômeurs indemnisés a bondi plus qu’attendu la semaine dernière, ce qui suggère que le marché de l’emploi et l’économie se détériorent à un rythme accéléré alors que consommateurs et entrepreneurs continuent à restreindre leurs dépenses », selon le courtier Charles Schwab.

Wall Street, qui avait tenté de rebondir en matinée, s’est enfoncée quand des responsables démocrates ont déclaré qu’aucun plan n’était viable à court terme au Congrès pour venir en aide au secteur automobile.

« Tant qu’il n’y aura pas de nouvelle positive, la tendance restera à la baisse », a estimé Mace Blicksilver, directeur de Marblehead Asset Management. « C’est une industrie en difficulté pour laquelle il faut faire quelque chose », a prévenu Mme Piegza, qui estime qu’un dépôt de bilan serait la meilleure solution pour permettre aux constructeurs de se restructurer. Le titre General Motors, après avoir touché en séance un plus bas niveau depuis 70 ans, a rebondi de 3,23 %, à 2,88 dollars. Ford a pris 10,32 %, à 1,39 dollar.

Les valeurs liées aux matières premières ont également chuté alors que le pétrole est tombé sous les 50 dollars à New York, au plus bas depuis 2005. Le pétrolier ExxonMobil a cédé 6,69 % à 68,51 dollars, le géant de l’aluminium Alcoa 16,05 % à 6,85 dollars.

Les Bourses européennes restent dans le rouge

Le Bel 20 a perdu 4,28 %, à 1.861,99 points. Quelques instants avant la clôture des marchés, seuls les titres Delhaize et Belgacom étaient teintés de vert. Les actions Colruyt et Omega Pharma ont quant à elles limité leur perte à près d’1 %. Les actions les plus durement touchées, jeudi au sein du Bel 20, sont Umicore et Nyrstar, qui ont chacune perdu près de 14 %. Les titres Agfa-Gevaert, Bekaert, Fortis Holding et GDF Suez ont également été malmenés.

La Bourse de Paris a perdu 3,48 % terminant sous la barre des 3.000 points pour la première fois depuis cinq et demi. L’indice vedette CAC 40 a cédé 107,47 points à 2.980,42 points,.

La Bourse de Londres a cédé 3,26 % l’indice vedette Footsie-100 perdant 130,69 points à 3.874,99 points.

A Francfort, l’indice vedette Dax a baissé de 3,08 % à 4.220,20 points.

Les autres Bourses européennes ont suivi le même mouvement, notamment la bourse suisse qui a lâché 3,95 %, celle de Madrid (-2,72 %) ou encore celle de Milan (-2,10 %).

Les deux Bourses de Moscou, le RTS et le Micex, ont dégringolé encore plus, perdant respectivement 7,38 % et 4,38 %, affolées par la baisse des cours du pétrole.

(afp, belga)

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