Amnesty joue la provoc pour fêter la Déclaration universelle des droits de l’homme

DE MUELENAERE,MICHEL

Jeudi 20 novembre 2008

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Amnesty International utiliser le marketing viral pour sensibiliser les Belges à la veille de la date anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

From Irène K. : votre dernier SMS a été détruit. Il contenait des mots interdits pouvant nuire à la sécurité du pays. »

Si vous avez reçu ce SMS, ces derniers jours, c’est que vous figurez sur la liste des contacts réguliers d’Amnesty International.

Pour sa dernière campagne à la veille de la date anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’association associe à ses moyens d’action habituels, un exercice de marketing viral.

Car le SMS est évidemment factice, tout comme les 17.000 mails par lequel autant d’adhérents d’Amnesty ont appris que « toute personne pourra être soumise au contrôle de son carnet d’adresses et de ses messages électroniques par les services mandatés ». Et ce n’est pas tout : sur le site de l’association, ainsi que sur celui du Soir, sur Youtube et sur Dailymotion, des vidéos tournées en fausse caméra cachée confrontent de paisibles passants à des situations d’arbitraire. Un mariage mixte empêché par des vigiles, les mêmes qui bloquent l’accès à une église, d’autres qui interrompent une pièce de théâtre. Et les quidams assistant à la scène se rebiffent, vigoureusement. Le site d’Amnesty, dans la nuit de lundi à mardi, était inaccessible, soi-disant fermé par ordre des autorités qui lui reprochait la diffusion de propos « contraires à l’ordre public ».

L’objectif de la provoc, mitonnée par l’agence AIR ? « Nous voulions montrer qu’il est non seulement important de connaître la déclaration universelle des droits de l’homme, mais qu’il faut aussi qu’elle ait des défenseurs au quotidien, explique Philippe Hensmans, directeur d’Amnesty Belgique. Et on s’est dit qu’on allait tester cela. »

Les résultats ? « Le Belge est bon !, s’exclame Hensmans. C’est impressionnant de voir autant de gens réagir. Plutôt rassurant aussi. Deux à trois mille personnes ont été concernées par nos vidéos ». De quoi croire que les libertés publiques sont menacées dans notre pays ? « Non, rétorque Hensmans. Mais l’histoire a montré le danger de ne pas faire preuve de vigilance. La défense des droits de l’homme c’est un combat permanent ». Quant à la méthode, Amnesty et son agence de pub se sont entourés de précaution. Les vigiles liberticides sont des comédiens. Le mail et le SMS sont accompagnés de la référence à un numéro de téléphone qui dédramatise la provocation. « Nous avons attiré l’attention sans franchir la ligne blanche ».

www.lesoir.be

www.amnesty.be

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