La Ville lance ses parkings
BODEUX,PHILIPPE
Page 17
Mercredi 26 novembre 2008
Liège L’opposition exige la clarté sur l’entreprise
C’est une filiale de la Régie communale autonome « Liège développement » qui va étudier, construire et exploiter les parkings, ont appris les conseillers communaux ce lundi soir au Conseil. Cette filiale prendra la forme d’une SCRL avec comme partenaires l’IGIL et la SPI+, voire la SLF pour le préfinancement. « Qui investit ? Quel est le business plan ? Quinze millions d’euros ça fait 30.000 euros la place de parking : vous ne trouvez pas ça cher ? », déclare, un brin énervé, le conseiller libéral Gilles Foret.
« Ne vous inquiétez pas, la rentabilité est assurée, lui répond l’échevine des Affaires économiques Maggy Yerna. C’est vrai que le prix de construction d’un parking en ouvrage souterrain n’est pas dérisoire, d’autant quand on se situe dans le lit de la Meuse. Mais c’est la seule solution que nous avons trouvée pour forcer les gérants de parkings à descendre quelque peu leurs prix », poursuit l’échevine qui espère faire descendre le tarif de la première heure de 2 à 1,5 euro.
« Investir 15 millions d’euros pour juste faire baisser les prix alors que les parkings existants ne sont pas même saturés : la démarche pose question », lance la conseillère Écolo Brigitte Ernst. Son collège Alain Leens ajoute : « Vous construisez des parkings au centre-ville très chers. Que devient le projet de parkings relais aux entrées de la ville ? » « Ce n’est pas le même objectif, répond Maggy Yerna. Au centre-ville, nous voulons débarrasser l’espace public des véhicules en les enterrant ».
Face à l’opposition qui se plaint d’un manque d’informations sur le plan d’entreprise de cette société – elle peut également acquérir, construire, rénover, louer et vendre des biens immobiliers –, le bourgmestre a rappelé son engagement à communiquer les grandes étapes du projet au conseil. « Nous ne ferons pas les choses en douce mais en totale transparence, affirme Willy Demeyer qui ne souhaite pas que cette filiale devienne une société obscure sans contrôle. Le conseil d’administration sera pluraliste ».
Avec cette filiale de la RCA, le maïeur souhaite « aller de l’avant » en matière de gestion du stationnement public. « La société pourrait gérer tout le stationnement y compris les horodateurs de manière à davantage peser face aux exploitants privés », explique le bourgmestre. Et si, dans son objet social, la SCRL peut acheter des biens immobiliers, c’est en rapport direct avec la gestion de parkings. « Nous pourrions acheter des parkings existants », ajoute le bourgmestre.
La Ville envisage de créer le même type de filiale pour la mise en œuvre du projet de rénovation du Mamac.
Stationnement : la cohérence en question
À l’heure où l’agglomération liégeoise s’apprête à développer un transport en commun structurant de type tram, l’investissement de 15 millions d’euros décidé par la Ville pose question. N’est-il pas prévu d’implanter des parkings relais en périphérie, desservis par le bus puis par le tram, de manière à dissuader les automobilistes à pénétrer dans le centre-ville ? Dans cette optique, augmenter l’offre de stationnement paraît contradictoire…
« Pas du tout, répond Jean-François Leblanc, le « Monsieur mobilité » liégeois. Tout d’abord, le premier intérêt des nouveaux parkings souterrains est de libérer de l’espace en surface pour des aménagements conviviaux de type place ou parc. Une manière de restreindre l’espace dévolu à la voiture. Ensuite, ces parkings sont prévus pour ceux qui, malgré tout, veulent rejoindre le centre-ville avec leur voiture et s’y garer une ou deux heures. Quitte à payer plus cher que dans un parking relais. Cependant, à Liège, le prix du parking en ouvrage est trop élevé par rapport aux villes de même taille. La maîtrise publique du tarif – on espère à arriver à une moyenne de 3,5 euros pour deux heures – permettra de gagner en attractivité.
Les parkings relais (P/R) sont eux prévus pour les travailleurs qui arrivent le matin et repartent le soir, les touristes ou les gens qui restent une demi-journée en ville. Avec un forfait pour une journée équivalant quasi au prix du trajet en bus, ces parkings relais seront plus adaptés à ceux qui restent longtemps en ville. Les deux offres sont donc complémentaires », conclut Jean-François Leblanc qui espère le lancement des premiers P/R en 2009.
