Le gouvernement flamand derrière Keulen
n.c.
Mercredi 26 novembre 2008
La nomination des trois bourgmestres francophones de la périphérie n’est pas un préalable au dialogue communautaire, a déclaré le ministre-président flamand Kris Peeters. L’ensemble du gouvernement flamand est derrière la décision de Marino Keulen. Côté francophone, pas de réaction pour le moment mais PS et Ecolo attendent une nouvelle réunion commune pour « une position concertée ».
La nomination de François van Hoobrouck d’Aspre (Wezembeek, MR), Arnold d’Oreye de Lantremange (Crainhem, FDF) et Damien Thiéry (Linkebeek, FDF) n’est pas un préalable au dialogue de communauté à communauté, tout comme la scission de BHV, a affirmé Kris Peeters lors des questions d’actualité au parlement flamand. L’ensemble du gouvernement flamand est derrière la décision prise lundi par le ministre flamand des Affaires intérieures Marino Keulen de ne pas nommer les bourgmestres francophones de la périphérie. M. Keulen a pris cette décision seul, après avoir reçu l’aval du bureau de son parti, l’Open VLD.
« Quand les francophones disent que le dialogue communautaire peut reprendre s’il y a une solution pour les trois candidats-bourgmestres, la réponse est très simple : une relance du dialogue communautaire n’est pas possible », a dit M. Peeters. Il exclut également de lier ce dossier à la conclusion d’accords institutionnels partiels avant les élections de juin 2009. « J’espère que le dialogue communautaire pourra reprendre, mais pas à ces conditions », a-t-il ajouté.
Les trois mayeurs n’ont pas été nommés parce qu’ils n’ont pas respecté les lois linguistiques en vigueur en Flandre en envoyant des convocations électorales en français dans leurs communes. Le fond du problème est juridique, a précisé Kris Peeters. Le trio va probablement se présenter à nouveau au poste mayoral. Mais sans « faits nouveaux », le ministre Keulen n’est pas prêt à changer de ligne de conduite. « Je suis le premier à vouloir donner une seconde chance aux gens. C’est ce que j’ai fait à Rhode Saint-Genèse. La bourgmestre francophone (Myriam) Rolin avait envoyé des convocations électorales en français pour les élections de 2006, mais elle ne l’avait plus fait en 2007 », a relevé Marino Keulen. Pour lui, une nomination des trois bourgmestres est donc envisageable « s’ils changent leur attitude, par exemple en organisant correctement les élections de 2009 ». En attendant, le « carrousel » va continuer de tourner en périphérie, les trois bourgmestres non nommés ont déjà fait savoir qu’ils allaient se représenter.
Mardi, à l’issue d’une réunion commune, les présidents des partis francophones (MR, PS, CDH et Ecolo) ont décidé de suspendre le dialogue en attendant d’avoir des explications de Kris Peeters sur la décision rendue lundi par Marino Keulen. Côté francophone, la nomination des trois bourgmestres est fondamentale pour la continuation du dialogue communautaire.
Les partis francophones ne souhaitent pas réagir ce mercredi aux propos tenus par le ministre-président flamand, Kris Peeters, et le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen.
Au PS et chez Ecolo, on attendait une nouvelle réunion commune.
"Il faut absolument que les quatre partis francophones restent unis et se revoient à nouveau pour adopter une position concertée", soulignait-on au PS.
Chez Ecolo, on se gardait de tout commentaire "pour ne pas envenimer une situation qui l'est déjà suffisamment".
Au MR, le président Didier Reynders n'a pas souhaité réagir. Le CDH n'a pas encore fait part de réactions.
(Avec Belga)
