Négocier entre présidents de partis

n.c.

Jeudi 27 novembre 2008

Les présidents des partis francophones (MR, PS, CDH et Écolo) ont invité leurs homologues flamands CD&V, Open VLD, SP.A et Groen à convenir d’un nouveau cadre de discussion pour aborder la nomination des bourgmestres mais également l’ensemble de « la problématique bruxelloise ».

Les présidents des partis francophones se sont réunis vers 15 heures dans l’enceinte du Parlement fédéral, à l’initiative du président du MR Didier Reynders, pour adopter une position commune après le nouveau refus de l’ensemble du gouvernement flamand de nommer les candidats-bourgmestres des communes à facilités de Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem.

Ce refus étant venu du gouvernement flamand, dont les membres sont les négociateurs néerlandophones du dialogue institutionnel, les présidents des partis francophones ont décidé de s’adresser à d’autres responsables politiques, à savoir leurs homologues flamands du CD&V, de l’Open VLD, du SP.A et de Groen.

Ils leur ont proposé une réunion de type octopus destinée à rechercher ensemble les moyens de poursuivre le dialogue communautaire dans un climat serein. Ils les invitent dans le même temps à convenir du cadre de discussions qui conviendrait pour aborder l’ensemble de la problématique bruxelloise, en ce compris une solution pour la nomination des trois bourgmestres.

Les présidents de partis francophones ont par ailleurs confirmé que les trois candidats-bourgmestres seraient à nouveau présentés à la nomination par les élus de leur liste. Ils souhaitent dans le même temps que le dialogue puisse se poursuivre dans un climat de confiance entre les Communautés.

« La structure de dialogue avançait bien, mais on est revenu unilatéralement avec la problématique bruxelloise, il faut donc la traiter, peut-être dans un autre cadre », a commenté la présidente du CDH, Joëlle Milquet. « Il n’y a pas de deadline, mais nous voulons chercher une solution avec les présidents de partis flamands », a précisé Isabelle Durant (Écolo). Interrogé sur un éventuel préalable que voudraient mettre les francophones sur la nomination du trio, Elio Di Rupo (PS) a, de son côté, indiqué qu’il ne fallait pas voir une quelconque forme de diktat francophone, « mais on ne fera pas l’économie d’en parler, on ne peut relancer ce carrousel jusqu’à la fin de la législature communale ».

Les partis flamands prêts à discuter, mais…

La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, est disposée à s’entretenir avec les présidents des partis francophones mais, selon elle, aborder le sujet des trois bourgmestres n’a aucun sens. « C’est une compétence du gouvernement flamand, qui vient de prendre sa décision. C’est aux bourgmestres concernés de respecter la loi », a-t-elle souligné.

Quant au souhait exprimé par les présidents francophones de parler de Bruxelles, Mme Thyssen leur recommande de poursuivre sans délai le dialogue communautaire. « Nous ne souhaitons rien d’autre que d’avancer le plus vite possible », a-t-elle dit.

La présidente des chrétiens-démocrates flamands a également lancé un appel à éviter une nouvelle crise communautaire. « Je ne peux pas m’imaginer que quelqu’un veuille déclencher une crise communautaire dans la situation économique actuelle », a-t-elle conclu.

L’Open Vld s’est également dit prêt à discuter avec les présidents francophones. « Mais cela ne signifie pas que tout peut être négocié », a-t-on précisé chez les libéraux flamands.

Chez Groen, on affichait la même disponibilité. « Tout qui veut franchir des étapes sur le plan communautaire dans ce pays, finit automatiquement par se retrouver chez les présidents de parti », a fait remarquer la présidente, Mieke Vogels. Et de rappeler son intervention mercredi au parlement flamand. « J’ai dit au ministre-président qu’il était naïf de croire qu’il pourrait franchir des étapes dans le dialogue communautaire s’il continuait à pédaler à côté des questions de Bruxelles-Hal-Vilvorde et des bourgmestres », a-t-elle expliqué.

(belga)

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