La Ville a ses maux propres

VOOGT,FABRICE

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Samedi 29 novembre 2008

Bruxelles 2.700 taxes en un an

Sacs-poubelle sortis en dehors des heures et affichages clandestins arrivent en tête des infractions.

L’échevine de la propreté de la Ville de Bruxelles, Karine Lalieux (PS), a terminé mercredi sa tournée des comités propretés en tirant un bilan des incivilités. « On en est à plus de 2.700 taxes et amendes depuis un an que le règlement taxe est entré en vigueur », a annoncé l’échevine. Un règlement qui, rappelons-le, complète le règlement général de police. Il vise à instaurer une meilleure répartition des tâches et autorise la police à se décharger de certaines procédures pour lesquelles les agents de la propreté agissent seuls.

120.000 euros de taxes depuis janvier

La verbalisation n’est pas une fin en soi. L’objectif, ne manque pas de rappeler l’échevine, est plus de modifier les comportements que de faire entrer des sous dans les caisses de la Ville. Il n’empêche, rien que pour l’année en cours, la perception des taxes a rapporté plus de 120.000 euros, soit près de 20.000 de plus que ce qui avait été inscrit dans le budget 2008 de la Ville. Karine Lalieux relève que 80 % des taxes ont été payées par les contrevenants. En tête des infractions relevées : les sacs-poubelles sortis en dehors des heures et les affichages clandestins.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’elles soient les plus nombreuses mais, à la différence des dépôts clandestins ou des différentes souillures (crachats, déjections canines…), elles ne demandent pas le concours d’un agent de police, qui patrouille au sein des brigades mixtes, pour constater le flagrant délit et exiger une pièce d’identité. D’autant plus que la Ville ne dispose toujours pas de caméras de surveillance en état de marche.

Après avoir déjà informatisé les 14 dépôts, Karine Lalieux lancera, dès le mois de janvier, le « tableau de bord » du balayeur.

Le personnel sera ainsi muni d’un carnet dans lequel, au cours de sa tournée, il relèvera un certain nombre de manquements à la propreté, auxquels il n’est pas en mesure d’apporter directement une réponse (sacs sortis en dehors des heures, dépôts clandestins…).

« Ce relevé doit nous aider, à terme, à mieux coordonner notre politique en mobilisant davantage notre personnel sur telle ou telle zone ou en notant ce qui est récurrent », annonce Karine Lalieux.

Les sacs réutilisables comme adjuvant à la propreté publique

Philippe Van Dael ne sait pas pourquoi mais c’est comme ça : le vent ramène toujours les sacs en plastique devant son magasin. Alors, l’initiative d’Atrium Bockstael, ce marchand de café quatrième génération, de la rue Marie-Christine, l’applaudit des deux mains.

De quoi s’agit-il ? Simplement de distribuer des sacs réutilisables à l’effigie de la famille, une identité du quartier décelée dans le schéma prospectif du quartier, un document de positionnement commercial qui vise à identifier les atouts d’un quartier.

L’action se déroule en deux phases : la première consiste à inciter les commerçants à participer à l’action en achetant un lot de sacs réutilisables.

Elle est déjà bien entamée puisque, à l’heure actuelle, 18 commerçants ont déjà accepté de participer au projet pour un total de 2.600 sacs distribués. Chaque sac leur revient à 20 cents et les commerçants peuvent le vendre pour un prix maximum de 90 cents, soit le prix coûtant pour Atrium.

La deuxième phase visera à pérenniser l’opération. Elle vise notamment à éviter que les sacs distribués habituellement par les commerçants soient transformés en sacs poubelles pour être ensuite jetés dans les poubelles publiques.

Ces sacs obstruent rapidement les poubelles publiques et provoquent le débordement, accentuant le sentiment de malpropreté publique. Ce projet « sacs réutilisables » est un projet pilote, annonce l’échevine de la Propreté, Karine Lalieux (PS) : « Une évaluation sera menée afin de voir l’opportunité de l’étendre à d’autres quartiers commerçants de la Ville de Bruxelles.

Pas de résultats.