Un chancre réhabilité ?
ROBERT,FRANCOIS
Page 9
Lundi 1er décembre 2008
Soumagne Un parc commercial accolé à un ensemble de logements
Son coût s’élève à 80 millions d’euros (45 millions pour le centre commercial et 35 pour la partie logement). Son initiateur est la société immobilière wallonne Whyte (Emmanuel Goedseels) spécialisée dans le commerce. Les projets de parc commercial et villas, s’ils sont liés dans le temps, font l’objet de permis séparés.
Après l’enquête publique favorable, le demandeur a introduit ses demandes de permis. Il a obtenu de Soumagne le blanc-seing socio-économique. Mais celui-ci a fait l’objet d’un recours de l’UCM (Classes moyennes) et a été cassé. Nullement découragé, Whyte en a introduit un second, à son tour attaqué.
Détaillons. Il s’agit d’un ancien manège à l’abandon, racheté par la société Whyte : un compromis de vente du terrain a été signé sous condition de réalisation du projet. Ce dernier colle à l’affectation du site, une zone d’activité économique. Le terrain est recouvert d’une dalle de béton. Les sondages n’ont pas révélé de pollution significative. Il longe d’un côté l’avenue de la Résistance et le Ravel (zone récréative) de l’autre. La fin des travaux est prévue pour 2011.
Ce projet mixte a l’appui de Soumagne (15.000 habitants). La commune lui trouve bien des qualités. Il réhabilite un chancre économique, à deux pas du centre-ville. Il offrira du logement respectueux de l’environnement de qualité moyenne supérieure : des logements d’une, deux et trois chambres proposés aux acheteurs aux alentours de 1.700 euros le m2. La commune pourra utiliser son parking de 800 places le dimanche et après la fermeture du « retail park », pour son centre sportif. Enfin, il procurera 270 emplois (dont la moitié à temps plein) sans compter les emplois indirects.
« Sa proximité avec le centre de l’entité complète le tissu commercial, axé jusqu’à présent sur le petit commerce, affirme le demandeur. “Central Piazza” offrira en effet des moyennes surfaces de 800 à 2.800 m2. » Les boutiques entourant le parking formeront un U bordé d’une galerie couverte (mais ouverte). Il est éventuellement envisagé de couvrir les deux hectares de toiture par des panneaux solaires.
Ce projet n’est pas lié au contournement de Liège puisqu’il borde la N3. Mais la perte prévisible de trafic de transit en 2012 serait compensée par clientèle élargie grâce à l’autoroute. La zone de chalandise couvre essentiellement le pays de Herve (135.000 habitants) et ne devrait pas gêner le commerce entre Liège et Verviers, assure le promoteur.
Le projet subit pourtant l’hostilité de l’UCM et de Fléron, vieille rivale de Soumagne. Les commerçants locaux voient d’un mauvais œil ce développement commercial. Ils ont cassé le premier permis socio-économique. Ce mardi, sera étudié le nouveau recours introduit par l’UCM. Whyte estime avoir largement remanié son projet en tenant compte des remarques des Classes moyennes pour convaincre. Déterminé, il jure qu’il ne lâchera pas Central Piazza, quelle que soit l’issue du recours contre le second permis socio-économique délivré par Soumagne.
