La Soundstation au terminus
BODEUX,PHILIPPE
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Mardi 2 décembre 2008
Culture La page se tourne après onze années d’activités musicales
La reprise de la salle est enterrée. Fabrice Lamproye veut rapidement trouver un autre lieu pour que perdurent les concerts.
Entretien
La Soundstation ne rouvrira pas ses portes, fermées en juin dernier. En tout cas, pas sous la forme qu’on lui connaît. Le couperet est tombé (Le Soir du 19/11) : le Comité d’acquisition refuse le prix d’achat fixé entre la Ville et les trois propriétaires. Pour rappel, lorsqu’un des trois propriétaires a voulu vendre la Soundstation, hypothéquant son activité culturelle, Fabrice Lamproye, gestionnaire du lieu, s’est tourné vers les pouvoirs publics pour qu’ils le rachètent et lui en confient la gestion. Aujourd’hui, il regrette l’issue négative de ce dossier.
La Soundstation, une affaire enterrée ?
Oui, nous n’irons pas en recours contre l’évaluation du bien faite par le Comité d’acquisition, même si nous trouvons qu’elle est anormalement basse et que personne n’arrive à avoir le rapport d’expertise du Comité d’acquisition. Pourtant, autant la Ville que la Communauté française se sont beaucoup investies dans le dossier lorsqu’il s’est agi de racheter le lieu avant de nous en confier la gestion. C’est frustrant de devoir laisser tomber.
C’est une importante page de l’activité culturelle liégeoise qui se tourne…
J’avais beaucoup d’affection pour cette ancienne gare qu’on a retapée et transformée au fil des années. Dès le départ, la rentabilité n’était pas assurée. Nous sommes quand même parvenus à vivre onze ans dont sept sans aucun subside. Et trois avec 20.000 euros pour l’organisation d’une petite centaine de concerts et autres expos sur l’année. J’imagine maintenant que mes associés avec lesquels j’ai des divergences de vues vont vendre le bâtiment…
Entre-temps vous avez lancé – avec succès – les Ardentes puis les Transardentes. Que deviennent les concerts organisés tout au long de l’année ?
On va continuer, au travers de l’ASBL « Festiv@liege » mise en place pour les Ardentes. Mais au lieu de pouvoir en organiser une bonne cinquantaine par an, on doit se limiter à 4-5 par trimestre. C’est pourquoi, dès à présent, je recherche un lieu de concerts modulable dont la capacité peut varier de 300 à 1.500 places, complètement insonorisé et situé au centre de Liège.
La Ville et la Communauté française avaient réservé environ 1,4 million d’euros pour acheter et adapter la Soundstation aux exigences actuelles. Vous comptez toujours sur cette somme ?
Oui, l’idée est que cette somme budgétée ne soit pas perdue. La recherche d’un nouveau lieu se fait en collaboration avec la Ville et nous aurons besoin de l’aide des pouvoirs publics lorsqu’il s’agira de l’acheter et de le rénover. La Ville et l’échevin de la Culture font tout ce qu’ils peuvent pour nous aider.
Que reste-t-il de l’aventure Soundstation ?
Des liens se sont créés au fil du temps avec les artistes et les agents qui font que, aujourd’hui, Liège compte sur la carte des concerts rock-électro. Il a fallu plusieurs années pour faire partie du réseau. Aujourd’hui, nous recevons beaucoup de demandes d’accueil de concerts et il n’y a plus personne pour contester la demande du public liégeois. Le tout est de pouvoir offrir aux artistes une infrastructure à la hauteur.
Une sorte d’Ancienne Belgique ?
Oui, avec un côté très modulable. Acoustiquement, la salle des fêtes de Droixhe est parfaite, elle est juste un peu trop petite et il faudrait qu’elle soit uniquement dédiée aux concerts. Je cherche tous azimuts. Je veux être fixé sur un lieu disponible à long terme quitte à passer par un lieu provisoire.
La Soundstation, c’était également un resto, un studio, un café, un label de production de disques et, historiquement, une opposition au géant de l’entertainment Clear Channel… Qu’est-ce qui subsiste ?
Ce qui va se faire sentir, c’est la disparition d’un lieu de sortie tout court, ouvert aux petits concerts. Pour le moment, nous les organisons à l’Escalier (NDLR : dont Fabrice Lamproye est également copropriétaire) mais je ne sais pas comment va évoluer la situation compte tenu du divorce en cours avec mes associés. Le Label va continuer mais quand j’aurai retrouvé un peu de sérénité. Quand au « boycott » de Clear Channel (aujourd’hui Live Nation), la page est tournée. À l’époque, nous craignions un abus de position dominante. Ce n’est pas le cas. Nous avons appris à travailler avec eux. Ils reconnaissent notre autonomie et ne nous imposent rien.