La location de jeux vidéo interdite
DE MUELENAERE,MICHEL
Mardi 2 décembre 2008
Jeux vidéo A la demande des industriels, la loi s’imposera
La nouvelle divise le secteur de la location. Certains partagent la position des industriels. « L’interdiction est une bonne chose, estime Raphaël Ancia qui gère plusieurs Smartoys (magasin spécialisé dans les jeux vidéo) dans la région liégeoise. Grâce à cela, il y aura moins de piratage. Certains louaient des jeux pour PC et les rendaient quelques heures plus tard après les avoir copiés. » La chaîne Enjoy Video, loueurs de DVD, a quant à elle arrêté de louer des jeux il y a trois ans, explique son responsable, Costa Mpocas. « Trop de clients nous restituaient les disques dans un état lamentable. Cela nous coûtait plus cher de les remplacer. »
Mais pour de nombreux vidéoclubs qui continuaient à louer des jeux, la pilule est amère. « Je revends tout à la fin de la semaine, explique Alex Zalc, le propriétaire-gérant de Storemovie (Bruxelles). Loueur de DVD, c’est la pire des professions actuellement. Nous sommes coincés entre le piratage des films, le téléchargement et la télévision payante. Avec la fin de la location des jeux, c’est ça encore en moins à la fin du mois ! Les grands perdants, c’est nous, alors que nous avons largement contribué à lancer les jeux, loués à 2,50 euros par jour. C’est aussi une énorme erreur : un grand nombre de gens louaient pour tester le jeu avant de l’acheter. Désormais, ce n’est pas sûr qu’ils achèteront encore. » Et la mauvaise humeur pour le manque à gagner est d’autant plus grande que la Médiathèque, en vertu de son statut d’ASBL et d’une directive européenne, garde le droit de « prêter » des jeux – soit 5 % de ses rentrées – 2,50 euros pour 24 heures, 4,80 euros pour une semaine.
