Relance : vers un effort belge de 2 milliards

n.c.

Mardi 2 décembre 2008

Le gouvernement belge dégagera vraisemblablement des montants additionnels de l'ordre de 0,5% à 0,7% du PIB, soit environ deux milliards d'euros, pour relancer l'économie, a indiqué Didier Reynders.

Notre ministre des Finances a évoqué mardi avec ses collègues européens le plan de relance proposé par la Commission, qui a recommandé la semaine dernière d’injecter 200 milliards d’euros dans l’économie, l’équivalent de 1,5 % du PIB total de l’Union. L’essentiel de l’effort (1,2 % du PIB ou 170 milliards) serait supporté par les gouvernements nationaux.

Du côté belge, l’objectif est de maintenir le déficit public sous le seuil de 2 % du PIB, a souligné mardi M. Reynders. « Et si on veut se donner les chances d’y rester, on peut imaginer un effort de 0,5 à 0,7 % du PIB au-delà des stabilisateurs automatiques », a-t-il calculé.

La notion de stabilisateur automatique définit les dépenses publiques (ou les baisses de revenus) intervenant par le seul fait du ralentissement de l’économie, à travers l’augmentation du volume des allocations sociales ou la chute des recettes fiscales. En Belgique, le jeu des stabilisateurs coûtera en 2009 environ 1 % du PIB au budget de l’Etat, selon M. Reynders.

L’effort additionnel d’environ deux milliards d’euros sera saupoudré entre diverses contributions à l’accord interprofessionnel, de nouveaux incitants aux économies d’énergie et l’accélération de certains investissements publics de court-terme, a précisé le ministre.

Il a aussi évoqué un report possible des cotisations ONSS et de la TVA, dont pourraient bénéficier certaines entreprises en difficulté, ainsi que l’accélération du paiement des factures de l’Etat.

L’UE soutient prudemment le plan de relance

Les ministres européens des Finances ont prudemment soutenu l’objectif d’un plan de relance dans l’UE d’environ 200 milliards d’euros, sans s’engager de manière contraignante en raison de réserves de plusieurs pays.

Dans un texte adopté à l’issue d’une réunion à Bruxelles, qui va être soumis aux dirigeants européens lors d’un sommet les 11 et 12 décembre, ils ont « salué sur le principe » les propositions faites la semaine dernière par la Commission européenne.

Ces propositions de relance face à la récession constituent « une bonne base » pour une réponse « coordonnée » face à la crise, « prenant en compte les spécificités des Etats membres » de l’UE, ajoute-t-il.

« Nous sommes d’accord pour dire qu’un paquet (de mesures) de l’ordre de 1,5 % du Produit intérieur brut » européen, soit environ 200 milliards d’euros (l’objectif fixé par Bruxelles) « constituerait un stimulus significatif pour nos économies », ajoute le texte.

C’est une somme qu’« il nous paraît nécessaire de consacrer à la relance », a dit Mme Lagarde.

La prudence du texte reflète cependant un certain nombre de divergences sur les efforts à faire.

La France et le Royaume-Uni faisaient partie des Etats souhaitant un plan le plus ambitieux possible. Mais à l’inverse d’autres ont refusé tout engagement contraignant sur l’objectif de dépenses.

Des pays d’Europe de l’Est comme la Hongrie, en situation très fragile, ou la Pologne, ne veulent pas laisser filer leurs déficits.

Et à l’intérieur de la zone euro, l’Irlande ou la Grèce ont peu de marge de manœuvre budgétaire avec des déficits déjà profondément dans le rouge.

L’Allemagne, sous pression pour faire davantage face à la crise économique que les 32 milliards d’euros qu’elle a déjà promis, est aussi sur ses gardes. Son ministre des Finances Peer Steinbrück a souligné que le document commun ne « spécifiait pas l’effort respectif à apporter par les différents pays ».

Et il a de nouveau refusé devant la presse de se laisser forcer la main.

« Nous allons apporter notre contribution, la question est de savoir ce que les autres Etats vont faire », a-t-il dit.

M. Steinbrück a refusé l’idée selon laquelle l’Allemagne, du fait de l’assainissement de sa situation budgétaire, « soit forcée de prendre des mesures » de relance qui seraient en contradiction avec le cap budgétaire du gouvernement.

Par ailleurs, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas et la Suède ont obtenu que le projet de relance de l’UE ne prévoie plus l’utilisation de fonds non dépensés du budget européen, à hauteur de 5 milliards d’euros, l’argent devant donc revenir dans les budgets nationaux des gouvernements.

« Le plan portait sur 200 milliards d’euros, maintenant il porte sur 195 milliards d’euros », a estimé le ministre polonais Jan Rostowski.

Berlin a de même refusé que le plan mentionne spécifiquement l’adoption de taux réduits de TVA parmi les mesures à prendre face à la récession. L’Allemagne est en conflit à ce sujet avec la France, qui réclame de longue date un taux réduit dans la restauration.

Les ministres n’ont en revanche pas eu de problème pour soutenir l’idée que la Banque européenne d’investissement (BEI) augmente son volume de prêts de quelque 31 milliards d’euros au total sur deux ans, en 2009 et 2010.

(belga, afp)

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