BCE : baisse historique des taux (- 0,75 %)
n.c.
Jeudi 4 décembre 2008
La Banque centrale européenne a procédé ce jeudi à la plus forte baisse de taux directeur de son histoire pour arriver à un taux de 2,50 %. Elle veut lutter contre la récession qu’elle prédit désormais pour 2009. La Banque d’Angleterre a elle aussi procédé à une forte baisse de son taux directeur, le ramenant à 2 % (- 1 %), au plus bas depuis 1939.
Les banques centrales européennes ont fortement réduit leurs taux jeudi et la France a annoncé un plan de relance de 26 milliards d’euros face à l’aggravation de la crise économique, matérialisée jour après jour par des annonces de plans sociaux de grande ampleur.
Devant la perspective d’une récession prolongée en zone euro, avec un recul du Produit intérieur brut de 0,5 % prévu en 2009, la Banque centrale européenne, a abaissé de 0,75 point de pourcentage à 2,50 % son principal taux directeur, la plus forte réduction de son histoire.
« Cela fait une baisse de 1,75 point de pourcentage en deux mois. Ca non plus nous ne l’avions jamais fait auparavant », a souligné le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, pour qui la crise financière fait peser sur l’économie des incertitudes « exceptionnellement élevées ».
La BCE a pris une bonne décision, s’est félicité le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
Elle avait d’autant plus de marge, qu’avec la chute des prix des matières premières, elle ne prévoit plus en 2009 qu’une inflation de 1,4 % après 3,3 % cette année.
La décision de la BCE n’a cependant pas totalement satisfait les marchés qui espéraient une baisse encore plus importante, d’autant plus que la Banque d’Angleterre a opté pour une diminution d’un point de pourcentage, à 2 %, revenant à un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 1951.
« En comparaison », la BCE « traîne encore des pieds », a réagi Jennifer McKeown, économiste de Capital Economics.
Conséquence, les Bourses européennes, après avoir hésité toute la journée sur la tendance à suivre, ont fini sur une note stable : Paris perdait 0,17 %, Londres 0,15 %, et Francfort 0,07 %.
Parallèlement, en France, le président Nicolas Sarkozy a dévoilé un plan de relance de 26 milliards d’euros, soit 1,3 point de PIB, une déclinaison du plan de 200 milliards d’euros souhaité pour l’UE par la Commission européenne.
La priorité est donnée à une relance des investissements de l’Etat, des entreprises publiques et des collectivités locales pour 11,5 milliards d’euros, au profit de grands travaux d’infrastructures.
L’Etat remboursera aussi par anticipation 11,5 milliards d’euros de dettes aux entreprises afin d’améliorer leur situation de trésorerie.
Pour soutenir le secteur automobile, qui multiplie les mesures de chômage partiel et les plans sociaux, une « prime à la casse » de 1.000 euros sera versée en échange de l’achat d’un véhicule neuf peu polluant.
Enfin, des mesures pour le logement et le bâtiment, dont la construction ou l’acquisition par l’Etat de 100.000 logements sociaux, ainsi que le versement fin mars d’une prime de 200 euros aux ménages les plus pauvres sont prévus.
Ce plan se traduira par 15,5 milliards d’euros de dépenses supplémentaires en 2009, ce qui devrait porter le déficit public à près de 4 % du PIB.
Et le constructeur automobile General Motors a demandé au Congrès une aide de quatre milliards de dollars dès janvier, en plus d’un premier versement en décembre du même montant pour éviter un dépôt de bilan.
En pleine déconfiture, General Motors, et ses concurrents Chrysler et Ford ont soumis cette semaine des plans de restructuration pour convaincre le Congrès de leur accorder une aide publique qui, cumulée, représenterait jusqu’à 34 milliards de dollars.
Les commandes industrielles aux Etats-Unis ont également baissé en octobre pour le troisième mois consécutif, reculant de 5,1 % par rapport à septembre.
Ces mauvaises nouvelles faisaient perdre 1,02 % à Wall Street vers 17H45 GMT et le baril de pétrole plongeait sous les 43 dollars.
(AFP)
